Lettre ouverte à Monsieur Loys Bonod

12 décembre 2013

« À quoi ça sert un prof? Ça sert à rendre pertinent ce qui ne serait que vrai.»

Fernand Dumont

Ce billet est en réponse à l’exégèse écrite par Monsieur Loys Bonod dans le forum de son blogue à propos d’un de mes billets publiés à l’occasion d’une «amusante expérience qu’il a menée sur le Web.

 

 

Bonjour Monsieur Bonod,

Avant tout, permettez-moi de n’avoir pas rappelé dans le détail votre «expérience» puisqu’un hyperlien dans mon billet menait directement à la page où vous expliquiez vous-même très clairement ce que vous aviez fait. Il me paraissait superflu d’en rajouter.

 

Premièrement, je sais très bien ce qu’est un commentaire de texte. J’ai suivi un cursus scolaire en France. C’était il y a longtemps, mais je suppose que ça n’a pas dû évoluer beaucoup depuis que j’ai quitté le pays puisqu’il existe encore dans la même mouture l’examen oral du baccalauréat de français d’après ce que je lis . Sauf qu’aujourd’hui c’est 25 ans plus tard la même épreuve. 25 ans… Quand même…!

 

Deuxièmement, il n’existe pas dans la sanction des études au Québec d’épreuve de lecture telle celle du commentaire de texte, une épreuve d’écriture permet d’obtenir le DES au terme de cinq années de secondaire. La lecture est évaluée par l’enseignant ainsi que la communication orale.

 

Troisièmement, je pense que le savoir a tout à voir avec n’importe quelle appréciation et interprétation de texte ou d’oeuvre, sinon sur quoi se baser pour commenter? Quels sont les critères qui nous permettent de justifier, d’argumenter, d’expliquer?

Les connaissances n’ont aucun rapport au savoir? Je me souviens de mes cours de lycée : la prof nous donnait SON analyse, SON commentaire composé, Sa lecture du texte et nous les apprenions par coeur pour le bac de français. À part exercer ma mémoire, je ne suis pas certaine que cet exercice ait développé ma capacité à analyser personnellement un texte. Alors oui, je conteste la pertinence de l’examen pour valider des compétences en lecture. Mais je ne vous tiens pas responsable du choix des épreuves qui sanctionnent les études en France! Ce qui m’afflige par contre à vous lire, c’est que vous avez l’air de justifier votre présence auprès de vos élèves seulement pour cette épreuve. Votre enseignement est destiné à leur faire passer un examen! Personnellement, je n’ai jamais vu mon rôle ainsi quand j’enseignais, en ZEP en France et ensuite au Québec.

 

P. 33 du PFEQ 2e cycle du secondaire

Poser un regard critique sur des textes courants et littéraires en appliquant des critères d’appréciation

Les élèves ont à observer les écrits sous plusieurs angles pour juger d’un propos ou pour commenter des façons d’écrire. Ils continuent à apprendre à tirer profit de leurs expériences, de leurs connaissances et de leurs repères culturels (œuvres lues, auteurs reconnus dans la communauté scientifique ou littéraire, stéréotypes, etc.) pour élaborer des critères et juger, par exemple, de l’intérêt ou du pouvoir d’évocation d’un passage, de l’originalité du traitement du sujet, de la solidité d’une hypothèse ou de la crédibilité d’un auteur. En confrontant leurs appréciations avec celles de leurs pairs et en prenant connaissance de commentaires de spécialistes ou de critiques, ils en arrivent à relativiser leurs jugements et à les formuler de façon nuancée. Cette famille de situations sert d’assise et de passerelle entre l’information et la littérature et, à l’aide de critères, elle permet d’apprécier aussi bien des textes courants que littéraires. Les critères que les élèves élaborent, d’abord avec le soutien de l’enseignant, puis avec de plus en plus d’autonomie, tiennent compte des indications fournies à l’égard de la qualité des textes et des œuvres dans le tableau du répertoire personnalisé.

 

De plus, je suis contre les corrigés en ligne, pas en ligne, en fait peu importe où ils se trouvent. Je suis pour qu’un élève fasse preuve de jugement critique en discriminant dans les sources à sa disposition celles qui seront les meilleures pour qu’il construise sa pensée et donne du sens à ses propos. Si j’avais à enseigner en France, je me servirais de ces corrigés en ligne comme exemples pour montrer à mes élèves comment tirer partie de leur répertoire personnel de connaissances et de repères culturels. Je leur apprendrais à les crititquer et à les commenter avec leur propre interprétation élaborée sur des critères précis. Je leur apprendrais l’autonomie et la confiance parce que ça en prend aussi de la confiance pour se prononcer sur un texte résistant voire hermétique quand ce n’est pas hors de leur portée comme le texte baroque que vous aviez soumis à vos élèves. Mais comment nos élèves peuvent-ils apprendre à le faire si personne ne le leur apprend?

 

PFEQ p. 1

L’enseignant doit les amener à établir des liens entre les apprentissages qu’ils font dans des situations diversifiées, à choisir les démarches les plus appropriées et à prendre l’habitude de réinvestir leurs acquis dans un large éventail de contextes scolaires et extrascolaires. Il doit également les amener à trouver un juste équilibre entre les ressources documentaires et littéraires de la bibliothèque, les rencontres avec des personnes qui exercent différentes fonctions et l’utilisation de l’ordinateur et d’Internet.

 

«Le mot n’est pas le sens», dit souvent Britt-Mari Barth. Ainsi, Web 2.0 ou web social renvoie à un concept bien précis, car il existe aussi le web 1.0 (web passif) et le web 3.0 (web sémantique) désormais. J’ose espérer que vous connaissez la différence sinon il y a Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0 D’autre part, le fait d’utiliser l’expression ne confère aucune expertise technopédagogique! Cela vise simplement à préciser dans quel paradigme on se situe.

 

Ce qui doit s’imposer à l’école, c’est une révolution de la façon d’enseigner et d’apprendre. En cela, les outils du 2.0 apportent un soutien. Ils ne sont pas la finalité. Ils ne sont que des outils comme tant d’autres outils qui ne sont pas technologiques pour mieux développer des compétences en lecture, en écriture et en communication orale, pour acquérir des connaissances, construire sa vision du monde et son identité.

 

Vous trouvez mes propos diffamatoire parce que j’emploie des termes comme «manque d’éthique» ou encore «malhonnêteté intellectuelle». Cependant,  ce sont ceux-là précisément qui conviennent à votre geste parce qu’il existait bien d’autres façons, et constructives, et engageantes pour faire prendre conscience du problème à vos élèves. Nous sommes tous confrontés au phénomène du copier/coller car l’information est très accessible. Cela induit que notre rôle d’enseignant doit tenir compte du contexte dans lequel nous enseignons. Le nier, c’est nier la société, le monde, le rapport au monde qui inclut le rapport au savoir, car l’école a pour mission d’y préparer nos jeunes.  Au Québec, les enseignants possèdent un référentiel de compétences professionnelles. Je vous invite à prendre connaissance de la compétence 12 Agir de façon éthique et responsable dans l’exercice de ses fonctions.

 

D’autre part, j’ai relaté l’expérience de la prépa littéraire pour souligner l’absurdité de l’exercice qui m’était imposé à moi et aux autres. C’était un exemple, vous savez le procédé qu’on utilise comme étayage dans une lettre d’opinion. Je ne sais pas si vous êtes passé par le tordeur des classes préparatoires. Moi oui! Je me souviens des techniques de survie que nous (je dis bien NOUS, car je n’étais pas la seule à user de stratagèmes pour survivre au rythme et aux exigences. Personne ne dort en classes prépa sauf le matin dans les cours de philo pour rattraper quelques heures de la nuit passée à bûcher!) Pour preuve cette lettre écrite par une jeune normalienne récemment. J’aurais aimé que cet enseignant de latin au lieu de nous bombarder de textes à traduire sans aucun soutien nous modélise comment faire une bonne traduction, nous fasse comparer des traductions et nous montre pourquoi telle ou telle traduction était meilleure qu’une autre. Au bout du compte, j’aurais sûrement été capable de traduire par moi-même en y trouvant du plaisir, car j’aurais développé une confiance en mes capacités qui m’aurait détournée de l’envie de chercher ces aides dans les traductions retirées du circuit par ce prof si bienveillant et si déterminé à m’apprendre à penser… SEULE!

 

Les élèves n’ont pas davantage raison de tricher que vous avez le droit de les piéger. Éduquer, ce n’est pas ça. Je ne cautionne pas leur attitude, je la trouve simplement justifiée vu le contexte peu signifiant de la tâche pour eux. Il faudrait questionner la pertinence de maintenir l’examen tel qu’il est et vérifier ce qu’il valide pour vrai… À mon sens, certainement pas la capacité à lire.

 

Le web ne pousse personne à faire quoi que ce soit. Vos élèves trouvent des réponses en ligne parce que les questions qu’on leur pose sont «googlables»! Elles ne sollicitent ni leur créativité ni leur jugement critique. Posez une question dont la réponse demande recoupement d’informations, décryptage de l’inférence, analyse des énoncés, des objets, comparaison, etc. Bref, cela. Vous verrez la différence!

 

Dernière précision : j’ai travaillé à la validation des programmes de français et à la progression des apprentissages au Ministère de l’Éducation du Québec. J’ai ensuite travaillé à l’implantation et l’accompagnement dans le milieu de ces documents ministériels prescriptifs. Les exemples que je citais de nos programmes de français sont des exemples en contexte d’apprentissage et non d’évaluation.

 

Enfin, je me considère encore une élève, encore une apprenante active dans une communauté d’apprentissage qui est connectée par la technologie et qui s’alimente grâce à la technologie. Je n’ai jamais autant appris que depuis que je suis en réseau avec des centaines de professeurs à travers le monde et je travaille chaque jour à ce que ce réseau s’aggrandisse, se solidifie et joue un rôle dans la réussite des jeunes qui nous sont confiés.

 

Nathalie Couzon

 

 

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Délivrer l’écriture de ses limites en rites inédits

7 octobre 2013

 

 

« Il y a bien plus de chances pour qu’une rime procure une «idée» (littéraire) que pour trouver la rime à partir de l’idée. » (Paul Valéry)

 


 

Écrire de manière littéraire en ayant du plaisir, impossible? Stimuler l’imagination sans forcément recourir à l’inspiration, impensable? Démystifier l’acte d’écrire en instaurant un rapport démocratique à l’écriture, une gageure? Certes pas! C’est l’invitation que Monique Le Pailleur et moi-même vous lançons : explorez de nouvelles stratégies inspirées des méthodes de travail des écrivains et entrouvrez de nouveaux horizons pour non seulement soutenir la créativité, mais aussi pour mobiliser autrement les ressources syntaxiques et lexicales en recourant à de multiples outils technologiques.

Nous proposons le 21 novembre 2013 dans le cadre du Congrès annuel de l’AQPF un atelier destiné à mettre en évidence l’apport des contraintes inspirées de l’OuLiPo pour libérer la créativité des élèves tout en cernant l’intérêt de l’écriture collaborative et interactive, les avantages du resserrement de l’axe de lecture-écriture, et la place incontournable de la nanolittérature dans le paysage pédagogique actuel. Twitter, Facebook et WordPress ainsi que d’autres ressources en ligne seront sollicités dans une perspective culturelle et de connectivité accrue. Jouer à plusieurs avec les matériaux langagiers peut amener ailleurs : au dépassement de soi, à l’amour de la langue et au sentiment de compétence scripturale.

Vous trouverez au bas de cette page deux liens vers des activités prévues pour des classes de tout niveau (primaire et secondaire) qui peuvent être réalisées sur des durées variables (moins d’une période à trois périodes de 75 minutes environ). Nous avons identifié des niveaux spécifiques et des démarches pédagogiques pour réaliser chacune d’entre elles mais vous êtes libres de les adapter à votre guise.

Si vous êtes intéressés à expérimenter avec vos élèves ces jeux de créations littéraires durant le mois d’octobre, faites-nous connaître votre intérêt en nous écrivant à l’adresse suivante avant le 4 novembre 2013 afin que nous puissions recueillir les productions de vos élèves :

nathcouz@gmail.com

Nous conviendrons par courriel de la procédure la plus simple pour nous faire parvenir les productions de vos élèves.

Merci de contribuer à nos réflexions en nous permettant d’avoir du matériel authentique à présenter aux participants de notre atelier au Congrès de l’AQPF 2013.

 

Nathalie et Monique

 

Eclectico

Activités

 

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Les nourritures numériques

25 mars 2012

«Comprendre, c’est se sentir capable de faire. »

André Gide, Les nourritures terrestres

Depuis quelques jours, un prof de lettres dans un lycée parisien fait la une des manchettes pour avoir publié sur son blogue un article relatant une expérience édifiante (sic!) qu’il a intitulée Comment j’ai pourri le web.

Indignée par la conception de ce que DOIT être l’école derrière les propos de celui qui a pourri le web et piégé ses élèves – quelle longue périphrase pour le désigner, j’invente donc un acronyme par souci d’efficacité… tiens : CQPW (Celui Qui a Pourri le Web) – je m’insurge contre la surexposition médiatique de ces enseignants, dépassés par les changements de paradigmes qu’imposent le web 2.0, le nouveau rapport au savoir et l’intégration des TIC dans l’apprentissage et l’enseignement (voir aussi cet article). Je suis renversée par la malhonnêteté intellectuelle de CQPW quand il note dans le forum de son blogue : «A ma décharge, l’expérience n’était pas scientifique, mais pédagogique et à l’intention des élèves. Je ne pensais pas que j’aurais à rendre des comptes publics un jour… » Selon moi, il n’y avait aucune intention pédagogique dans cette expérience, mais simplement l’expression d’une frustration bien loin de l’éducation aux TIC. D’autre part, s’il ne désirait pas rendre de comptes publics, il ne fallait pas s’exposer sur le web.

La démarche de ce prof à l’éthique douteuse, comme le souligne Delphine Regnard dans cet excellent billet, a ramené à ma mémoire le souvenir de ce que faisait un de mes profs de khâgne il y a plus de 20 ans pour nous obliger à traduire par NOUS-MÊMES la quantité phénoménale de textes latins destinés à nous préparer au concours de Normale Sup. Internet n’existait pas en ce temps. Pour éviter la triche, désireux de développer notre autonomie et notre pensée critique (resic!), ce prof retirait des bibliothèques du lycée et de celles de la ville, toutes les traductions qui auraient pu nous aider à traduire. Désolée, Monsieur CQPW, vous ne détenez pas l’apanage du machiavélisme! Et lui non plus n’avait pas compris ce en quoi consiste l’apprentissage… ni le rôle très différent qu’il aurait pu jouer si ses intentions avaient été autres que d’évaluer tout le temps nos performances… Mais faut croire que notre rôle à nous, les élèves, c’était de souffrir pour apprendre, pas d’en tirer un certain plaisir… Bref, revenons à nos moutons, ceux de Panurge, ce sont les meilleurs parce qu’ils sont devenus célèbres eux aussi et on se rappelle pourquoi hein? Pour avoir démontré qu’ils ne savaient pas penser par eux-mêmes! Je fais de l’ironie, moi? Non, à peine…

Comme je n’étais pas assez riche pour acheter les traductions, même dans les boutiques de livres usagés, et que des stations prolongées devant les tablettes des librairies pour recopier la traduction avaient l’air louche, j’avais mis à profit mes ressources personnelles pour sauver quelques heures de sommeil (me comprendront ceux et celles qui sont passés par les classes prépa de lettres. Les autres attendront la publication de ma biographie pour lire les savoureux récits de ces deux années de ma vie). J’avais dans mon réseau d’amis, un prof de lettres classiques d’une célèbre institution parisienne. Quand j’étais surchargée de préparations de colles, de traductions anglaises, de devoirs de philo, d’histoire et tutti quanti, qu’une journée de 24 h ne suffisait pas à la charge de travail imposée par tous nos profs, je lui demandais de traduire les passages de Sénèque, de Tite-Live et compagnie sur lesquels je butais. J’avais alors 18 ans, je faisais partie de ces jeunes triés sur le volet pour préparer le concours de Normale Sup, mais je ne me questionnais pas à cette époque sur la pertinence d’une tâche scolaire. Si on l’exigeait de moi, ça devait forcément me servir à quelque chose… (reresic!) En fin de compte, je donnais au système ce qu’il attendait de moi. Cependant, j’avais fini par comprendre une chose comme ces jeunes lycéens piégés : c’était qu’une tâche ne méritait pas que j’y accorde du temps si elle n’était pas authentique ni signifiante pour moi! Elle ne m’apprenait rien sinon à trouver un moyen pour survivre et pour fonctionner selon les exigences du système. Ce qu’ont prouvé ces jeunes en allant chercher des réponses toutes faites et en ayant aucune autre ressource pour les vérifier, c’est la vacuité de la tâche qui était exigée d’eux voire la non-pertinence de ce type d’évaluation pour démontrer leurs compétences en lecture. Sur 65 élèves, 51 sont tombés dans le panneau. Parfait! Alors qu’en déduire? 51 tricheurs? 51 paresseux? 51 idiots? ou 51 qui ont choisi de donner une réponse au prof, peu importe la réponse? Après tout, c’est ça qu’on attendait d’eux, une réponse, c’est à ça qu’on les avait formés : répondre. Pas penser, pas discriminer, pas créer, pas questionner…

Dans le PFEQ, on peut lire, page 4 du chapitre 5, et il n’est pas question de survie dans ce cas-là, mais bien de développement de compétences dans le cadre de véritables contextes d’apprentissage : «l’élève doit pouvoir bénéficier du soutien de l’enseignant, de ses pairs et d’autres personnes ressources (bibliothécaire, orthopédagogue, conseiller d’orientation, parents, etc.). Ces conditions sont essentielles pour qu’il parvienne à exercer ses compétences en français avec de plus en plus d’assurance et d’autonomie.» Comment ce facétieux CQPW a-t-il soutenu ses élèves dans l’apprentissage du choix des ressources et dans le développement de leur autonomie?

Je reviens à l’anecdote de mon prof de khâgne. Ne s’expliquant pas mes progrès soudains en traduction latine et surtout des passages qui posaient problème à l’ensemble de la classe, il a décidé un jour de ne pas me rendre ma copie. Dans mes souvenirs, le dialogue qui suivit ressemble à cela :

Moi : Monsieur, vous ne m’avez pas rendu ma copie. Je peux savoir pourquoi?

Lui : VOTRE COPIE! Vous osez me la réclamer?! Vous osez appeler VOTRE COPIE, ce plagiat éhonté! (Persiflant) Je ne sais pas comment vous avez fait pour trouver la traduction… J’avais fait sortir toutes les traductions des bibliothèques…

Moi : Vous vous trompez, Monsieur, j’ai pas recopié une traduction de bibliothèque, c’est juste quelqu’un qui traduit pour moi, un ami… pour m’aider, me sauver du temps parce que j’en ai pas assez pour tout faire, parce que sinon je sais pas quand je vais dormir, moi…

Il ne cessait de repéter : «Je sais pas comment vous avez fait pour… » et moi je répétais : «C’est pas moi qui traduis… » Il a donc mis un certain temps à entendre ce que je lui disais, et puis, tout à coup, il m’a entendue et là, ce fut terrible. Il a bégayé : «Quoi! Quoi! Et vous osez me dire ça! Comme ça!» L’air lui manquant, il est devenu écarlate. Puis pointant la porte du doigt, il a hurlé : «Je ne veux plus JAMAIS vous voir dans MON cours!»

Je l’ai écouté. Je n’y suis jamais retournée. Au concours d’Ulm-Sèvres, j’ai reçu un flamboyant 4/20 en traduction latine 😉

Ce matin, j’ai lu les commentaires postés sur le forum de CQPW et surtout les réponses que lui-même a adressées aux personnes qui ont pris la peine de réagir à son billet. Je suis très inquiète. Vraiment.

Je donne un exemple pour qu’on comprenne mieux mon inquiétude :«3/4 des élèves préfèrent ne pas penser par eux-mêmes et tricher : il faut s’y adapter. C’est entendu, je vais tricher et faire tricher mes élèves.» ou encore en parlant d’un travail d’interprétation dans le cadre du commentaire composé : «Vous faites le même contresens que beaucoup d’autres : la compréhension et l’interprétation d’un texte se fait sans document. […] Le commentaire composé ne relève pas de la science ou même de l’apprentissage. Vous semblez ignorer totalement en quoi consiste cet exercice.»

Alors c’est quoi le but du jeu dans tout ça? À quoi ça sert un commentaire composé si ça ne relève pas de l’apprentissage? Est-ce une situation authentique, signifiante pour l’élève? Qu’apprend-il à faire dans cet exercice? Ne devrait-on pas remettre en question ce genre d’exercices? Quand je dois comprendre un texte et l’interpréter, quel mal y a-t-il à recourir à toutes les ressources disponibles pour mieux comprendre et mieux interpréter? Est-ce par ce genre d’exercices qu’on devient un meilleur lecteur? Est-ce ainsi qu’on apprend à aimer lire et cela, pour la vie?

En guise de conclusion, je rappellerai simplement certaines pages du programme de français. Elles me semblent tout à fait appropriées dans le contexte actuel.

L’enseignant amène les élèves :

– à comparer, avec une certaine autonomie, leurs façons de faire dans différentes situations

– à comparer leur démarche avec celle d’autres élèves : façon de résoudre des difficultés, utilisation des repères culturels pour interpréter les textes, prise de notes, persévérance dans la lecture de certains documents, etc. (p.27, chapitre 5)

Dans les stratégies de compréhension et d’interprétation en lecture, l’élève apprend à :

Tirer profit de ressources externes

– en cherchant des renseignements spécifiques ou complémentaires dans des ouvrages de référence ou à l’aide d’outils diversifiés

– en tirant profit des différentes catégories de renseignements présentes dans un dictionnaire

– en sollicitant l’avis d’autres lecteurs ou de personnes-ressources (p.51, chapitre 5)

Enfin, dans l’annexe qui concerne les quatre dimensions de la lecture:

«De la lecture fusionnelle à la lecture distanciée, de l’affirmation de préférences à la structuration de connaissances, l’apprentissage et la réflexion qui lui est associée doivent favoriser le développement des élèves-lecteurs dans leur intégralité, c’est-à-dire leur permettre d’accéder aux textes par le chemin de la curiosité, de la sensibilité, du besoin de structurer leur identité comme par celui de la connaissance et de la culture.» (p. 128)

 

Morale de l’histoire

Chaque jour, bien qu’ayant été formée sans lui, je profite du numérique parce qu’il me permet de mettre à l’épreuve mon jugement critique, parce qu’il m’ouvre sur d’autres univers, parce qu’il me permet de confronter les points de vue, parce qu’il me rend plus cultivée, plus informée, (allez, j’ose le mot!) plus intelligente. Chaque jour, les nouvelles technologies et le web me nourrissent en m’offrant l’opportunité de créer des situations d’apprentissage qui motivent les élèves, qui les rendent actifs dans la construction de leur savoir, qui rejoignent leurs goûts et leurs intérêts, qui mettent à profit leurs talents, qui changent leur rapport à l’école en leur donnant envie de venir en classe et qui font d’eux des hommes et des femmes avides d’apprendre. Et ça, voyez-vous, Monsieur CQPW, c’est vraiment le bonheur!

 

 

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Des tweets aux écrits longs, vers une passerelle transatlantique*

6 septembre 2011

*Merci à au génie créateur et créatif de Bertrand Formet pour le titre du projet 🙂 et pour plusieurs précisions apportées au billet, notamment en ce qui concerne les programmes d’études français.

Bon, ben voilà, on y est : le projet #twittclasse Québec-France vient de voir le jour, et moi, je suis comme une maman qui contemple son bébé pour la première fois : émerveillée, ravie, conquise et je vous promets que, dans la bouche d’Amandine Terrier, cet adjectif sonne encore plus joli ;-). J’ai rêvé ce moment de partage et de collaboration pédagogiques en mode 2.0 et, depuis quelques heures, il se concrétise grâce à Amandine Terrier (alias @AmandineTer), Marie-Ève Gauron (alias @megauron) et Bertrand Formet (alias @TiceChampagnole) et, bientôt grâce aux élèves de ces deux enseignantes qui vont se découvrir, apprendre à se connaître, construire ensemble des savoirs et écrire en collaboration malgré la distance, malgré le décalage horaire, grâce aux réseaux sociaux et aux technologies de l’information et des communications.

L’intention

L’idée au départ est de mener une expérience qui démontre l’intégration des TIC au service des apprentissages en français et au développement de la compétence à écrire, en utilisant entre autres des outils de microblogage comme Twitter et ou de blogue comme Tumblr, partant de l’hypothèse que produire des écrits courts au quotidien avec un destinataire réel permet de relancer la motivation des élèves à produire des textes plus longs que les 140 caractères imposés par Twitter. Pour reprendre les mots d’Amandine, «cet exercice reste moins fastidieux que l’écriture d’un texte long […] et pourtant nous nous entendons tous qu’il en faut des connaissances pour bien tweeter. Alors comme «on ne FAIT pas de la production d’écrit en classe gratuitement, qu’on ÉCRIT dans un but précis et le plus souvent possible POUR un destinataire, il est nécessaire que les écrits aient du sens : j’écris pour quelqu’un, soit, mais sur Twitter, je m’en rends compte !»

Les acteurs

Deux classes francophones de l’enseignement primaire, une classe au Québec et une en France, soit la classe de 3e cycle (élèves âgés de 10 et 11 ans de la 5e année du primaire) de Marie-Ève Gauron de l’Externat Saint-Coeur de Marie à Beauport (Québec) (@classemegauron) et la classe du cycle 3 (élèves âgés entre 8 et 11 ans des classes de CE2, CM1 et CM2) d’Amandine Terrier à Crotenay (Jura, France) (@crotenaycycle3), accompagnées au Québec par Claude Frenette, conseiller RECIT (@claude_frenette) et moi-même (@nathcouz) et en France par Bertrand Formet, animateur TICE (@TiceChampagnole).

Les premiers échanges

Amandine nous rappelle quelques constats suite à sa dernière expérience d’utilisation de Twitter en salle de classe. Elle revient sur les bénéfices de l’utilisation de l’outil mais aussi sur les contraintes et les difficultés. On ne se fait pas de cachette et, dans cette aventure pédagogique transatlantique, ce qui est fabuleux, c’est l’immédiate complicité qui nait entre nous. On ne minimise pas la prise de risques et on se parle en toute confiance. Marie-Ève formule d’entrée de jeu à sa collègue française qu’elle ne maîtrise pas encore très bien Twitter. Amandine la rassure en lui prodiguant quelques conseils et en lui garantissant soutien et collaboration pour se familiariser rapidement avec l’outil.

Le projet (étape par étape)

Étape 1

Une fois que Marie-Ève se sentira prête à gazouiller, les élèves profiteront de la contrainte des 140 caractères de Twitter pour se présenter les uns aux autres et valoriser leurs centres d’intérêt. Ils pourront faire connaître à leurs futurs abonnés qui ils sont en tant que personnes et en tant que groupe-classe également. Ils pourront donc parler d’eux dans des tweets, en choisissant dans une grille de présentation la ou les caractéristiques personnelles qu’ils désirent faire valoir puis ils produiront en commun d’autres tweets à partir d’une discussion en équipe ou de la création d’une carte heuristique qui schématisera la représentation qu’ils se font de leur classe et de leur milieu de vie.

Chacune des classes reprendra les tweets de l’autre classe et fera une synthèse de ces informations, en écrivant de courts textes à partir des tweets et/ou en créant des cartes mentales. Les tâches pourraient être réparties entre les élèves en tenant compte de leur intérêt à réaliser l’une ou l’autre des tâches.

Suite à cette activité de découverte, les élèves pourront questionner les jeunes de l’autre classe pour, par exemple, demander des précisions ou commenter les informations reçues sur la time line du projet #140etplus.

Avant cette discussion virtuelle, les élèves auront pu comparer les différences et les ressemblances entre chacun de leurs milieux de vie, ce qui leur permettra de s’ouvrir sur le monde et à la diversité culturelle. On peut facilement faire des liens avec les domaines généraux de formation (DGF), les autres disciplines notamment Éthique et Culture religieuse (ECR) et Univers social et les visions du programme de l’école québécoise.

Pour ce qui relève du programme en France, il y aurait aussi un ancrage possible pour développer des compétences en vocabulaire (Français), des notions en lien avec la culture humaniste (Histoire et Géographie) et aussi les concepts de respect des personnes et de francophonie (Instruction civique et Morale).

Les interactions issues de ces échanges via Twitter seront le point de départ d’écrits plus longs. En ce sens, on considérera les tweets comme des textes précurseurs de ces écrits et cela sera la deuxième étape du projet (donc à suivre dans un prochain billet).

Les connaissances en action

Il est évident que tweeter exige de réaliser de nombreux apprentissages en langue et suppose le réinvestissement de nombreuses connaissances, soit des notions et des concepts, des stratégies et aussi la prise en compte des repères culturels. Chaque enseignante planifiera ces apprentissages et les intègrera au travail sur la langue et sur les textes. Ce sera par exemple l’occasion de travailler autrement des concepts en grammaire (la phrase interrogative), des notions lexicales et l’orthographe, des stratégies (voir les pistes pour l’appropriation des connaissances présentées dans la deuxième section de la Progression des apprentissages en écriture au primaire) et des repères culturels (voir la production audiovisuelle du projet du Mois de la Culture 2012 en ligne dès octobre 2011 sur le site du MELS ). Et pour faire des ponts entre nos deux milieux scolaires, on retrouve dans le programme de français de la France des propos qui sonnent familiers à nos oreilles québécoises.

« L’acquisition du vocabulaire accroît la capacité de l’élève à se repérer dans le monde qui l’entoure, à mettre des mots sur ses expériences, ses opinions et ses sentiments, à comprendre ce qu’il écoute et ce qu’il lit, et à s’exprimer de façon précise et correcte à l’oral comme à l’écrit.»

Je reviendrai sur tous ces éléments relatifs aux programmes d’étude de façon plus détaillée dans un prochain billet.

Et peut-être que ….

Une fois que tout ce travail aura été accompli, les élèves se lanceront dans l’écriture d’un récit collaboratif avec un intérêt particulier pour deux modes de discours, la description et la narration. Les ingrédients du récit, sa construction, son organisation seraient issus des échanges entre les deux classes qui deviennent ressources l’une pour l’autre. Le Tumblr serait l’environnement choisi pour le dépôt des morceaux du récit en construction et Twitter servirait de passerelle pour le partage de commentaires et rétroactions entre les deux classes. Ainsi Twitter devient une banque d’informations où pourraient émerger les idées, où les élèves pourraient échanger, commenter, réagir aux questions qu’ils se posent ou que le récit en construction suscitera.

 

Mais avant tout ça, kécékisétaitpassé, hein?

La genèse du projet #140etplus

Jour 1

Les nombreux projets et expériences outre-atlantiques utilisant un réseau social tel que Twitter en cours de français m’inspirent, me séduisent et rejoignent ma vision de l’école telle qu’elle devrait être aujourd’hui. L’emploi du conditionnel n’est pas innocent dans la phrase précédente… et j’en ai déjà parlé ici et ici. Ces nouvelles façons d’envisager l’enseignement du français et l’apprentissage m’aident à poursuivre ma réflexion sur l’intégration des technologies au développement des compétences et au service des apprentissages en langue maternelle. Ici, je rejoins les préoccupations de Laurence Juin et les commentaires suscités par ses propos.

«Tout dépend finalement de l’usage pédagogique que nous souhaitons, enseignants, donner à ces outils. Comme on ne donne pas n’importe quel livre à lire à un élève sans réfléchir au scénario pédagogique associé, on ne met pas à leur disposition n’importe quel outil du Web 2.0

Twitter n’est rien en soi pas plus qu’un TBI, qu’une craie, que le matériel didactique même parfois. Ce qui m’intéresse pour ma part, c’est de voir s’il y a des apprentissages qui peuvent être réalisés mieux avec Twitter, de façon plus durable, si le rapport à la langue des élèves s’en trouve modifié, si cela le rend plus positif, si les apprentissages prennent un autre sens, deviennent plus signifiants et par exemple en ce qui concerne la révision de texte. Bref, si, au terme de ces expériences, les élèves ont développé davantage leur compétence à écrire. Lire à ce sujet le rapport d’évaluation de programme paru en 2009 sur la perception du sentiment de compétence chez les élèves québécois en écriture et en lecture :

«Comme l’illustre la figure 1, la perception de compétence en lecture et en écriture est de moins en moins élevée du primaire au secondaire. Également, il existe une diminution de la motivation à lire et à écrire à mesure que le niveau scolaire augmente. Ces résultats vont dans le même sens que ceux obtenus par de nombreuses recherches, menées au Québec (Bouffard et autres, 2005) ou ailleurs (eccles et autres, 1993 ; McKenna et autres, 1995 ; Wigfield et autres, 1997), qui ont montré que la perception de compétence et la motivation scolaires de l’élève tendent à diminuer à mesure que celui-ci progresse dans le système scolaire.» (p.54)

Jour 2

Les profs sont blogueurs (oui, le paradis existe!) et alimentent leurs blogues respectifs de compte-rendus, constats, commentaires très riches dont je prends connaissance avec intérêt. Mon envie d’accompagner des enseignants dans un projet #twittclasse se fait plus précise, et au hasard de mes lectures, je découvre les regrets d’Amandine concernant le désintérêt de ses élèves pour le blogue après avoir vécu l’expérience Twitter. «Zut alors!», que je me dis…

Jour 3

Il y eut un soir, il y eut un matin et… l’idée germa! J’aurais pu aussi parodier le savant grec Archimède et crier ηὕρηκα, mais comme je n’étais pas certaine que tout le monde comprenne, j’ai abandonné l’idée de m’exprimer en grec. Blague à part voilà ce que je me suis dit : pourquoi tweeter empêcherait-il de bloguer? Et encore : comment Twitter pourrait-il permettre de revenir au blogue ou redonner envie aux élèves d’y écrire, d’y publier? Et par dessus ou en dessous, comment Twitter permettrait-il d’écrire autrement et mieux, d’apprendre autrement et mieux, et tout cela de façon durable? Bref, qu’est-ce qui dans ces nouvelles pratiques permet aux élèves de devenir de meilleurs scripteurs et de développer un rapport positif à la langue et à l’écriture?

Jour 4

J’ai envoyé dans le vaste océan un tweet et Amandine Terrier a répondu. J’ai eu ensuite le bonheur immense par un beau dimanche de pouvoir échanger via skype avec elle. Je lui ai proposé de créer une collaboration France-Québec. Elle a accepté.

Voici un résumé de notre conversation. J’ai peut-être inversé des propos et attribué à Amandine mes paroles et inversement, mais ce n’est pas très grave parce que nous étions en communion de pensées, ce qui fait que peu importe qui a dit quoi, pourvu que vous ayez la «substantifique moelle» comme dirait mon ami François…

nathcouz : Salut Amandine, penses-tu comme moi qu’on peut travailler à partir des tweets pour redorer le blason du blogue en utilisant la TL comme une banque d’informations et d’espace de questionnements, d’échanges, de réactions ou d’appréciations?

AmandineTer : En somme, le blogue deviendrait le support d’un texte où s’organiseront les tweets?

nathcouz : Oui, exactement. On pourrait imaginer par exemple un apprentissage en grammaire de la phrase sur l’interrogation quand tes élèves questionneraient les élèves québécois…

AmandineTer : Ouiiii et aussi en lexique sur le vocabulaire parce qu’au Québec vous avez plein d’expressions qu’on n’emploie pas ici 🙂

nathcouz : On pourrait aussi travailler en grammaire du texte sur les marqueurs pour lier la progression des informations une fois qu’on aurait une banque assez fournie sur Twitter.

AmandineTer : Ce serait chouette : mes élèves  découvriraient un milieu francophone différent du leur.

nathcouz : Yeah, une belle façon d’exploiter les repères culturels!

(Désolée, déformation professionnelle, c’est ça que ça fait d’être chargée de projet depuis trois ans pour le Mois de la culture, j’en vois partout!)

AmandineTer: On pourrait demander aux élèves québécois d’écrire un texte long à partir des tweets de mes élèves et inversement.

nathcouz : Super, une expérience d’écriture collaborative où les jeunes négocient le sens et l’organisation du récit via les tweets qui seraient traités de part et d’autre. Les publications des textes longs donneraient lieu à des interactions sur Twitter, genre appréciation, réaction et commentaire critique. On toucherait ainsi différentes dimensions de la lecture qui serviraient au final l’écriture et puis ce serait une belle manière d’interrelier les compétences via les TIC et d’exploiter les différentes familles de situations et…

Là, silence. Silence parce que je perds Amandine dans le vocabulaire des programmes de français de l’école québécoise, mais silence surtout parce que, sans déconner, toutes les deux, à cet instant précis, on a vraiment eu l’intuition qu’y avait kekchose qui se passait (comme dirait André Sauvé, inside Joke pour @mariejoharnois et les CP de français des formations du MELS), qu’on avait un beau projet à concrétiser qui serait signifiant pour les élèves et qui donnerait aussi de la pérennité aux microtextes publiés sur Twitter.

Jour 5

Enthousiaste, je pars à la recherche du prof qui acceptera au Québec de se lancer dans l’aventure et, lors d’une formation du MELS, je rencontre Marie-Ève Gauron, une enseignante du primaire à l’Externat Saint-Coeur de Marie, une école privée de la région de Québec. Elle se montre très intéressée et accepte de me revoir pour lui présenter le projet plus en détails, ce que nous faisons la veille des vacances scolaires.

Jour 6

Passe l’été et Marie-Ève, le 27 août, m’envoie un courriel pour me signifier son intérêt toujours marqué pour le projet Twittclasse. Je sers d’agent de liaison entre Marie-Ève et Amandine et nous convenons d’une rencontre skype pour le dimanche 3 septembre (oui, un dimanche!).

Jour 7

Dimanche 3 septembre. Revenir au début du billet pour savoir ce qui s’est dit en ce beau dimanche qui précédait la rentrée des classes.

Pour conclure, ce lonnnnnng billet, je ne sais pas ce que Dieu a fait le septième jour, mais moi,  je suis allée me coucher avec plein d’étoiles dans les yeux et, dans quelques heures, en ce beau lundi 19 septembre, j’ai bien hâte de les voir briller dans les yeux de ces élèves de la centième twittclasse francophone.

 

À lire, en complément cet article paru dans le Monde, Maîtresse, quand est-ce qu’on tweete?

 

 

Lié à: la pointe de Tardevant.

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Aller de l’avant

7 février 2011

Au hasard de mes pérégrinations sur le net, j’ai trouvé cette phrase : «If there’s a tsunami coming, start swimming with the current.» J’aimerais rendre hommage à son auteur, mais j’ai oublié de noter le lien de la page où j’avais trouvé cette citation mais, une fois n’est pas coutume, on me pardonnera de ne pas référencer ma source ! Cette phrase qui a des airs de proverbe me semble tout à fait appropriée pour représenter ce que j’ai vécu durant ma fin de semaine au Nouveau-Brunswick à la non-conférence de Clair2011 : j’ai nagé dans le sens du courant. Et je n’ai pas nagé seule, mais avec plus de trois cents personnes (334 pour être précise) qui ont, de près ou de loin, durant deux jours et demi, uni leurs pensées et leurs convictions pour se diriger vers un objectif très clair – sans jeu de mots 😉 – : promouvoir un autre regard sur l’éducation.

Voir l’éducation autrement, c’était d’ailleurs l’ambition de cet événement, et je crois qu’on peut dire mission accomplie et applaudir Roberto Gauvin (@gauviroo sur Twitter) et son équipe dynamique pour avoir voulu de nouveau réunir, dans ce petit village de la Vallée du Haut-Madawaska, à 30 minutes d’Edmunston, une brochette aussi variée de personnes intéressées à réfléchir sur l’école en transformation : des conférenciers du Québec avec Mario AsselinFrançois Guité et Sébastien Paquet, de l’Europe avec Daniel Pereya et Laurence Juin, des participants venus de toutes les régions du Québec, de l’Alberta, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick qui ont animé des ateliers durant toute la journée du samedi sur des sujets fort intéressants et, grâce à Twitter et la balise #Clair2011, un rayonnement au-delà des frontières.

Dans la perspective de changement qui a animé ce rassemblement technopédagogique, il a été fait la preuve à chaque instant que les technologies et les outils du Web 2.0 donnaient du sens aux apprentissages réalisés par les élèves à l’école, les  rendaient stimulants, dynamiques, facilitaient le partage, le réseautage, la coconstruction. Je me promenais dans les salles de classe et j’allais de surprise surprise, impressionnée non seulement par ce que les jeunes accomplissaient, mais aussi par leur capacité à m’expliquer avec une aisance toute naturelle ce que l’intégration des technologies avait changé dans leur vie d’écoliers et dans leur vie en général. «Je ne suis plus gênée de parler en public, m’affirmait la jeune animatrice de la station TV de l’école, car apprendre à animer des émissions m’a permis de savoir comment prendre la parole. Maintenant que je sais comment faire, c’est facile pour moi de communiquer.»

Idem pour ces jeunes de 6e année installées autour des micro de la radio scolaire qui m’expliquaient comment elles choisissaient l’information sur Internet pour élaborer leur bulletin de nouvelles et que leur mentor dans ces apprentissages avait été… un élève de 8e année, familier avec la technique et très bon pédagogue sans aucun doute pour avoir su transférer à de plus jeunes ses compétences en la matière! La technologie se doublait ici d’une autre dimension palpable dans les interactions entre tous les intervenants de cette petite école du Nouveau-Brunswick, la force de la collaboration, la puissance de la communauté d’apprentissage. Je voyais se concrétiser sous mes yeux ce que le programme de français au Québec avait pensé pour ses finissants du secondaire : autonomie, engagement et pouvoir d’action. Ces jeunes guidés par des enseignants motivés étaient «placés dans des situations qui les amenaient à explorer, à s’impliquer et à se dépasser. Chacun, à la mesure de ses possibilités, trouvait dans l’action une source de réalisation personnelle et de valorisation.» (p.13 à 15, PDF, français, 2e cycle secondaire). Et savez-vous quoi?  Ils se surpassent, ils sont fiers, ils ont les yeux qui brillent, ils sont tellement confiants qu’ils sont une vingtaine assis en avant de la scène durant les conférences ou dans les ateliers du BarCamp le samedi à twitter allègrement, à commenter, à apprécier, à questionner et à vivre pour vrai cette conscience citoyenne que le «Vivre ensemble et citoyenneté» de l’école québécoise présente comme un des cinq domaines généraux de formation pour contextualiser les situations d’apprentissage. Alors oui, c’est possible d’y croire puisque le CAHM l’a fait!

Voir l’éducation autrement, c’est aussi construire des passerelles, des liens et ceux créés par une rencontre comme Clair2011 valent leur pesant d’or.  J’ai rencontré pour la première fois nombre des membres de ma twittosphère avec qui j’échange et je partage au quotidien. Là, durant deux jours et demi, j’avais la chance d’apprendre de leurs expériences et aussi de socialiser avec eux dans une ambiance conviviale. Parce que Clair, c’est également cela : une ambiance chaleureuse où j’ai pu plaisanter avec Laurence Juin sur les tounes quétaines de Joe Dassin, faire une descente dans le bocal de Jelly Beans avec Andrée Marcotte, me moquer gentiment de Sylvain Bérubé kodak ou/et clavier à la main ou encore apprécier les nuances de l’accent acadien avec Jacques Cool. J’avais la chance de pouvoir dépasser 140 caractères pour construire avec eux comme durant le trajet entre Québec et Clair où, avec Stéphane Brousseau et Hélène Seguin, j’ai eu l’occasion de discuter et  de réfléchir sur les raisons qui motivaient notre engagement, sur les actions à poser pour que notre système éducatif cesse de nager à contre-courant et accepte de considérer l’impact que ces technologies ont déjà sur nos jeunes, sur notre monde et sur nos façons d’apprendre, de communiquer, d’entrer en relation avec les autres, de créer du contenu, bref d’exister dans cette époque qu’est le 21e siècle. Nos propos étaient passionnés et, dynamisés, fébriles, gagnés par l’énergie intense des échanges vécus durant la fin de semaine, nous avons imaginé notre futur pédagogique qui n’aurait plus rien en commun avec cette vision passéiste de l’éducation que dénonce Sir Ken Robinson dans le clip Changing Education Paradigms. Nous avons rêvé que l’avenir ressemblerait au mur des gazouillis de Clair2011 où, comme le dit Andrée Marcotte dans sa rétrospective sur le Wiki de Clair2011, «le sens des conférences se construisait en collaboration, où tous les documents pertinents étaient déposés avant même que l’évènement soit achevé.»

Alors, doit-on attendre que le rouleau déferle, que le tsunami nous percute? Doit-on attendre de boire le bouillon et d’être tellement dépassés par ces jeunes qui, comme le prouve Catherine Lapointe dans son film, sont prêts et nous invitent à surfer sur la vague en leur compagnie? Doit-on refuser de croire, selon les mots de François Guité, que si l’école ne sait pas intégrer les technologies, les technologies sauront intégrer l’école…? Le projet de déClairation élaboré au cours de l’événement affirme le contraire.

J’ai envie de conclure par ces mots de Bertrand Tavernier avec lesquels François Guité avait ouvert sa conférence et qui ont donné le ton à nos échanges : «Les enfants ne ressemblent pas à leurs parents. Ils ressemblent  à leur époque.» Saurons-nous offrir à nos enfants une école qui sera de leur temps ? Je le souhaite avec ardeur et impatience.

Le titre du billet est une générosité de Sylvain Bérubé qui m’a prêté pour l’occasion et bien humblement ses talents de titreur 😉

Lié à: la pointe de Tardevant.

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Oser la métamorphose : une expérience entre rupture et continuité

17 janvier 2011

Il était une fois une façon de voir la classe, les pratiques pédagogiques, le cours de français, le rôle des élèves, les contenus disciplinaires, les textes. Et puis une fois, celle que j’ai partagée avec Sylvain Bérubé lors de ce projet du Mois de la Culture 2011, qui ne voulait pas ressembler à celles d’avant, qui voulait revisiter les états connus, les formes entendues qui, inspirée par la thématique proposée, réclamait une métamorphose, soit au sens grec du terme un changement de forme, de nature ou de structure considérable, bref une mutation qui ouvrait les perspectives d’une nouvelle genèse.

Il y eut un soir, il y eut un matin, et plusieurs autres suivirent avant que la chenille ne quitte son état larvaire pour devenir un bel insecte aux ailes colorées. J’avais pris connaissance des objectifs du programme la Culture à l’école. J’avais rencontré Sylvain pour lui présenter la thématique, prendre connaissance de sa planification, voir comment je pouvais m’y insérer sans lui imposer une surcharge de travail, connaître ses intérêts et ceux de ses élèves. J’avais assisté aux rencontres des chargés de projet et consulté les tableaux des repères culturels. Je savais que je voulais exploiter la thématique pour réfléchir sur le monde dans lequel nous vivions, sur la place que la culture y occupait et sur l’importance qu’y prenaient les technologies. Je voulais modifier la façon d’écrire sur une problématique sociale, celle des changements climatiques en l’occurrence, puisque c’était ce que Sylvain allait aborder avec ses élèves dans les semaines à venir. Je voulais intégrer les TIC aux apprentissages en écriture parce que j’étais persuadée qu’ils pouvaient faire la différence, qu’ils pouvaient être facteurs d’engagement et de motivation. J’avais le cocon en ébullition, le ver à soie hyperactif et les fils se croisaient, pas étonnant pour une Lyonnaise de naissance!

Je me posais plein de questions : «Comment la culture et les repères culturels traitent-ils les transformations de la planète? Comment peut-on faire autrement en français pour réfléchir et écrire sur une thématique sociale? Peut-on imaginer que les élèves puissent justifier leurs propos autrement que dans les formes consacrées des textes qui répondent à la fameuse question Pourquoi ? » Je voulais créer un motif harmonieux : une activité authentique et signifiante pour les élèves, vécue dans le concret de la classe, métaphore pédagogique de toutes les réflexions qui m’habitaient. Les idées fusaient, trop nombreuses, comme bien souvent en période de créativité! Les canettes s’étalaient devant mon métier à tisser, mais il me manquait la carte perforée pour composer mon motif. Je me sentais comme après avoir acheté un meuble IKEA mais sans aucune notice pour le monter! Un peu découragée, je fis part de mes difficultés via skype à André Roux, mon ami et collègue des services nationaux du RECIT et du domaine des langues, qui m’écouta patiemment (Merci, André!) et me dit : «Tu te souviens du clip produit par l’ONF avec Malajube …?» Sa question dénoua ma pelote de fils emmêlés : eurêka! J’avais enfin trouvé!

Pour illustrer la thématique du Mois de la Culture 2011 Oser la métamorphose, je proposerais à Sylvain que ses élèves justifient leur prise de position sur les changements climatiques dans une production culturelle collective (un«clip»). Les élèves métamorphoseraient leur manière d’écrire entre autres par le bloc-note collaboratif (EtherPad) et la création d’un Prezi. Sylvain les amènerait à considérer les repères culturels comme des manifestations d’une prise de position sur la problématique, à réfléchir sur comment la littérature et la culture pouvaient la servir au même titre que les textes courants que les élèves étaient habitués à consulter et utiliser pour justifier leurs propos : documentaires, statistiques et autres textes à valeur informative ou explicative comme les discours des scientifiques notamment. Dans une étape préparatoire, les élèves visionneraient le clip interactif de l’ONF. Nous leur préciserions qu’ils n’auraient pas à créer un produit aussi élaboré, craignant de créer un horizon d’attente trop élevé. Du concept serait conservée plutôt l’idée de l’élaboration d’une carte mentale ou d’un réseau d’images, de mots, de citations et de textes écrits ou oraux qui valoriseraient le point de vue de l’équipe, avec en arrière plan l’idée de la communauté qui s’engage pour une cause. Tout était clair désormais et le métier à tisser attendait que les tisserands se mettent à l’ouvrage.

J’ai rencontré de nouveau Sylvain le 1er avril 2010 à l’occasion d’un dîner tweetup qui coïncidait avec un congrès de l’AQUOPS pour lui faire part de mes trouvailles et ensemble nous avons planifié les activités à réaliser en classe pour mener à bien le projet puis nous nous sommes lancés sur le répertoire des artistes à l’école pour dénicher la perle rare qui accepterait la mission un peu folle que nous imaginions : expliciter le processus de création derrière une production culturelle mettant en valeur une prise de position sur les changements climatiques, une réflexion sur le rapport de la culture avec l’environnement. Bref, comment la culture, le conte en l’occurrence dans notre projet, pouvait être au service de la nature? Quelques clics dans le moteur de recherche du site, et hop, pour notre plus grand bonheur, nous trouvions Ariane Labonté qui avait plus d’une corde à son arc : conteuse, mais aussi naturaliste, éducatrice en environnement, auteure, performeuse, marionnettiste, musicienne et jongleuse de mots. Nous étions bénis des Dieux! Elle accepta sans hésiter, nous proposant même de créer un nouveau conte pour l’événement. Décidément, nous étions choyés. Nous avons tous les trois planifié sa rencontre avec les élèves : pour mettre en perspective leurs repères culturels sur les changements climatiques, ceux-ci seraient invités à apporter en classe un objet, une image, une chanson, un texte, un extrait vidéo ou tout autre médium qui évoquait leur point de vue personnel ainsi qu’un court texte justifiant leur choix. Les traces de cette première activité seraient gardées sur le site de classe de Sylvain dans un forum de discussion. Des équipes de cinq élèves seraient formées à partir des regroupements de points de vue similaires sur les changements climatiques. Il y aurait donc six équipes au total dans la classe. Avant la venue d’Ariane, les élèves consulteraient différentes sources (différents textes courants et littéraires, écrits et oraux) pour s’informer sur la question des changements climatiques, se construire une représentation claire du phénomène et ajuster leur représentation initiale en fonction des découvertes qu’ils auraient faites par le truchement de leurs lectures. Ils constitueraient un dossier qui rendrait compte de leur recherche d’informations puis prépareraient en équipe des questions pour animer une discussion suite au spectacle. Cette rencontre serait l’occasion de questionner l’artiste sur ses motivations et son engagement : Pourquoi un écrivain s’intéresse-t-il à des questions environnementales? Pense-t-il que ses mots, ses histoires peuvent avoir de l’influence sur les gens au même titre que les colloques des scientifiques? Etc.

D’autre part, Sylvain et moi désirions mettre les TIC à l’honneur dans ce projet, intention motivée par nos intérêts communs à intégrer les technologies au développement des compétences en français, persuadés que les élèves y trouveraient leur compte, et confiants aussi dans leurs capacités. Nous avons donc opté pour que les élèves écrivent en collaboration grâce à EtherPad. Outre l’avantage que présentait cet outil pour métamorphoser le travail d’équipe – ce que les élèves ont fort apprécié d’ailleurs, certains disant que pour la première fois de leur vie d’élève, ils avaient vraiment travaillé en équipe (!) – le bloc-note permettait de garder la trace de toutes les interventions réalisées par les élèves sur le texte en construction grâce à l’historique. Nous avons recensé entre 2000 et 4000 interventions réalisées par les élèves sur leurs textes en construction, que ce soit pour corriger la langue et/ou améliorer le contenu. Cette fonction leur a permis de prendre conscience du travail important de négociation, de révision, de questionnement sur le «brouillon» avant la phase finale du «propre». Les élèves trouvaient aussi très facilitant de pouvoir intervenir dans les écrits de leurs camarades en temps réel et d’utiliser la fenêtre de clavardage pour commenter leurs actions ou proposer des améliorations. Ils disaient que cela aidait leur concentration, et je les crois sur parole, pour avoir vu de mes yeux, ces trente jeunes un vendredi à la dernière période tellement captivés qu’ils en avaient oublié la fin du cours!

Dans chaque équipe, le bloc-note collaboratif a donc servi à la négociation et à la rédaction d’une prise de position sur la problématique des changements climatiques, se basant sur 10 mots-clés tirés des lectures, de la visite de la conteuse et des discussions d’équipe. Les élèves ont associé à chaque mot-clé des textes courts (recette, petite annonce, acrostiche, slogan, horoscope, etc.) comme une justification de leur position en réinvestissant les acquis disciplinaires rendus possibles entre autres grâce à l’expérience culturelle du conte d’Ariane. D’ailleurs, ils s’en sont donnés à coeur joie dans les jeux de mots, l’humour et les inventions lexicales! Tous ces textes ont ensuite été intégrés à une présentation Prezi, service de présentation en ligne, totalement novateur et bien loin des présentations Powerpoint, qui n’utilise pas le principe du diaporama que l’on retrouve sur la majorité des outils du marché. En fait, il sort totalement du concept linéaire. Dans un seul espace comme sur un grand napperon, les élèves disposaient leurs mots-clés, des images, des vidéos ou des fichiers audio, organisaient le déroulement de la présentation en associant les divers éléments, tout comme ils auraient organisé leurs arguments dans un texte suivi. La présentation Prezi devenait l’avatar du texte habituellement exigé des élèves et chaque lien cliquable vers un texte écrit ou oral rendait compte de la position ou de l’évolution de leur pensée sur le sujet. Le concept même de texte venait de prendre un nouvel aspect qui faisait la part belle à la créativité des élèves bien davantage que dans les modes d’organisation textuelle habituels. Le soutien technologique était assuré par les services nationaux du RECIT, avec notamment la collaboration d’André Roux et de Pierre Lachance (prêt du mini-laboratoire de 15 MacBook pour la création des Prezi et soutien technique du serveur du RECIT lors de l’utilisation d’EtherPad).

C’était le printemps : les Prezi tels des papillons prenaient leur envol sur la toile bleue du web. Pour ma part, il ne faisait aucun doute que nous avions réussi notre pari, que nous avions plus qu’osé la métamorphose, que nous ne pourrions plus faire comme avant. Cette bonne histoire méritait une morale, c’est le souvenir de celle d’une fable de Viennet qui s’imposa dans mon esprit :

[…]Et dans ce siècle d’oripeau,
De clinquant et d’enluminure,
Il est bien difficile à qui change de peau
De ne pas changer de nature.
Fables, Livre II, Fable VIII, Paris, 1845

Lié à: la pointe de Tardevant.

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