La mauvaise réputation

19 avril 2024
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Il y a bien longtemps, au temps où les animaux et les humains se parlaient encore en se comprenant, dans un pays où le chocolat ne fondait pas sous les rayons du soleil et où les sorcières cohabitaient avec les fées sans qu’aucune d’entre elles ne soient plus aimées que les autres, jadis donc, il y avait une vieille bonne femme qui vivait seule à l’orée d’un bois, en toute quiétude. Elle était comme toutes les vieilles dames de son âge : un petit chignon blanc, un beau visage ridé, une voix fluette et douce. Les hideuses sorcières au nez crochu et chapeau pointu n’avaient été inventées que pour faire peur aux enfants malicieux. En fait, les sorcières n’avaient rien de particulier, hormis leurs pouvoirs magiques qu’elles n’utilisaient qu’en cas d’extrême urgence. Cette sympathique mémé avait été, du temps de sa jeunesse, une artiste réputée que les rois du monde entier s’arrachaient pour ses talents : tous voulaient qu’elle leur peigne le portrait, un paysage de leur royaume ou encore une nature morte. Bref, elle était une véritable célébrité. Cependant, lasse de toutes ces mondanités, elle avait pris sa retraite et elle s’était construit dans une jolie clairière une demeure coquette où elle vivait paisiblement, profitant des joies du jardinage et se réjouissant de la beauté des couchers de soleil. Ses pouvoirs de magicienne lui avaient permis toutes sortes de fantaisies et elle ne s’était pas privée de les exploiter : ainsi, les murs de sa maison étaient en pain d’épice, recouverts d’une ganache de chocolat appétissante; les montants des fenêtres en pâte sablée délicatement aromatisée à la fleur d’oranger; les tuiles du toit en meringue croquante; la cheminée en pâte d’amande; les boutons des portes et des fenêtres des dragées de sucre colorées.

Elle aurait terminé sa vie à l’écart du monde et de ses tyrannies ainsi, mais, même dans les contes, le mal sournois guette et attaque les plus gentils sans merci. Il se présenta à sa porte un après-midi qu’elle était allée visiter sa sœur alitée à cause de ses rhumatismes. En effet, les sorcières ne sont pas à l’abri de l’arthrite et les conteurs sont de fieffés menteurs quand ils vous affirment que les sorcières sont toutes puissantes et qu’elles ne vieillissent pas ! Deux jeunes enfants, tout mignons, tout proprets, l’air gentil et suave, se promenant dans la forêt, découvrirent la maison de Martha, c’était le nom de la sorcière. Ce furent des Oh! puis des Ah! de surprise, de convoitise puis de gourmandise qui fusèrent dans les airs quand les deux bambins s’aperçurent que la maison était à croquer ! Et ils la croquèrent ! Un morceau de porte par ci, un bout de fenêtre par là, tant et si bien que la maison avait piètre mine une fois que les gourmands l’eurent dégustée à satiété. Elle ressemblait à un morceau de gruyère attaquée par une armée de souris ! C’est donc le ventre plein que les enfants retournèrent au village, le visage barbouillé de chocolat et de sucre, bien contents de leur trouvaille et se promettant d’y revenir à chaque petit creux.

Martha revenait sans se presser, profitant de la douceur de cette soirée estivale. Elle chantonnait un air entraînant qui s’étrangla dans sa gorge quand elle constata les ravages commis par les deux morfales. «Saperlipopette ! Ventre St-Gris ! Par la magie de Belzébuth ! Qui a osé dévorer ma maison ? » s’écria-t-elle, offensée par un tel sans-gêne. «Si je trouve le sacripant, que dis-je, le criminel qui s’en est pris à ma maison, je ne donne pas cher de sa peau ! Il finira dans un grand chaudron à bouillir jusqu’à la fin des temps !» En moins de minutes qu’il ne faut pour le dire, prononçant quelques formules magiques et fulminant de rage, elle remit sa maison en état et eut bien de la misère à trouver le sommeil, cauchemardant à souhait que des pies, des ours, des… des je ne sais quoi… attaquaient sa maison à grands coups de fourchette. Pour se calmer, elle se versa un bon verre de lait chaud qu’elle accompagna de sa friandise préférée et réussit enfin à sombrer dans les bras de Morphée.

Le lendemain, elle se leva de bonne humeur, ayant presque oublié l’outrage qu’elle avait subi la veille. Elle ne s’en souvint qu’au moment où elle barrait la porte : elle devait animer un congrès de sorcières dans la forêt voisine, mais elle ne pouvait se désister. C’est le cœur lourd et plein d’angoisse qu’elle s’éloigna de sa maison chérie, espérant de toutes ses forces que personne ne viendrait de nouveau la manger. C’était croire que le destin épargne les justes, mais il ne les épargne jamais ! Ainsi va la vie, même pour les sorcières !

Les enfants de leur côté avaient fait sensation auprès de leurs amis en revenant au village. Leurs minois couverts de chocolat avaient suscité la convoitise de leurs camarades qui les avaient questionnés. Hansel, excité par la surdose de sucre, avait débité : « On a trouvé quelque chose d’extraordinaire ! Une maison en chocolat derrière l’étang aux grenouilles. Une maison toute en sucre, en guimauves, en caramel. Des tonnes de bonbons ! Croyez-nous, c’est fantastique. Les pâtisseries meilleures que celles de vos mères ! Un vrai délice pour le palais… Vous devez venir avec nous demain, on va se régaler. Je vous jure, mes amis, vous n’en croirez pas vos papilles : imaginez…

Et il avait raconté : « Ma sœur et moi, nous étions allés dans la forêt pour ramasser des champignons. ça ne nous tentait pas, mais bon vu que notre mère voulait faire une omelette aux cèpes, fallait bien en trouver ! On venait de trouver des chanterelles à l’orée du bois quand Gretel m’a tiré par la manche.
– Regarde, Hansel. Regarde la maison. Elle a l’air en chocolat…
– Vous connaissez ma sœur, toujours prête à inventer des histoires ! Je me suis dit : Bon, ça y est, la petite divague ! Je me suis retourné pour la réprimander et là, je suis resté bouche-bée : il y avait bien à quelques pas une maison en chocolat, couverte de friandises… Je me suis pincé pour être sûr que je ne rêvais pas. J’ai fermé les yeux, et quand je les ai rouverts, la maison était encore là, encore plus appétissante qu’auparavant. Alors, on a lâché nos paniers de champignons et on s’est empiffré de toutes ces douceurs.»

Un gamin avait interrompu Hansel dans sa frénésie oratoire : « N’importe quoi ! Une maison en chocolat, tu nous prends pour des imbéciles. C’est toujours pareil avec toi, Hansel, faut tout le temps que t’inventes des histoires pour te rendre intéressant. Allez, laisse-nous tranquilles, t’es qu’un menteur. Tu sais même pas qui habite là.

– Oui, je le sais ! C’est une sorcière, une vraie sorcière, laide, même… horrible, avec un long nez crochu et un chapeau pointu. C’est elle qui habite là. Elle a construit cette maison pour attirer les enfants et les transformer en petits biscuits, mais nous, on a été plus rusés qu’elle. J’ai dit à ma petite sœur : Ouvre tranquillement la porte, moi, je prends cette bûche de bois et BING, pendant qu’elle dormait, on l’a assommée et on l’a enfournée dans la cheminée. Après, brioches à la cannelle, petits fours à la confiture. Ah ! Ah ! Je vois vos yeux qui brillent, vos babines qui salivent, j’entends vos estomacs qui gargouillent… Croyez-moi, croyez-moi pas ! Moi, en tout cas, j’y retourne demain, je suis attendu pour le goûter. »

Alors, pendant que Martha quittait à regret sa chère demeure, une horde d’enfants affamés se ruaient à travers bois pour le festin de leur vie ! En quelques heures à peine, ils anéantirent les murs, le mobilier. Bref, rien ne subsista à leur frénésie vorace : les oiseaux eurent à peine quelques miettes à picorer après leur passage.

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– Je vous l’avais dit que je mentais pas, claironnait Hansel, fier comme un paon, sacré chef de bande pour l’occasion. Admettez- le, c’était excellent. Mais motus et bouche cousue, jamais personne ne doit savoir ce que nous avons fait là ! On ne sait jamais… »


Hansel savait bien qu’il avait menti en affirmant que la sorcière était morte, il ne savait d’ailleurs même pas si la maison appartenait à une sorcière, mais il savait qu’il était coupable de trois graves péchés : le mensonge, la gourmandise et la destruction du bien d’autrui.

Quelle ne fut pas la consternation de Martha à son retour ! La clairière vide ! Plus de maison ! Son jardin saccagé ! Son verger pillé ! C’en était plus qu’une sorcière normalement constituée pouvait accepter ! Il fallait qu’elle trouve les coupables, et vite ! Elle fit le tour des dégâts et aperçut des traces de pas dans la terre fraîchement retournée du jardin : « Des enfants ! Ce sont des enfants… qui ont dévasté ma maison ! » Elle les avait reconnus à la petitesse des empreintes. Elle décida que le crime méritait d’être puni sur le champ. Elle ne traversa pas la forêt sur son balai volant comme les méchantes sorcières le font habituellement dans les contes, mais elle reconstruisit sa maison et attendit, cachée en haut d’un grand marronnier, que les enfants reviennent, car elle était persuadée qu’ayant goûté une fois à ses délices gastronomiques, ils seraient incapables de résister à la tentation. Pour être sûre qu’ils reviennent, elle fit se répandre une odeur alléchante d’orange confite et de chocolat qui, poussée jusqu’au village, ne manqua pas d’attirer, le nez en l’air, la troupe de chenapans scélérats. Elle attendit encore qu’ils soient bien repus et trop lourds pour courir, alors elle surgit devant eux et, roulant des yeux comme seules les sorcières savent le faire pour terrifier leur public, elle prononça une formule magique qui, instantanément, les transforma en petites figurines de sucre qu’elle s’amusa ensuite à disposer comme une ribambelle joyeuse d’un goût charmant pour décorer le dessus de son foyer.

Les villageois se lamentèrent de la disparition de leurs enfants. Personne ne comprit leur départ soudain; personne n’alla explorer les confins de la forêt pour y trouver la clairière de Martha, qui y finit ses jours bien paisiblement. Cependant, aujourd’hui, alors qu’on m’interrogeait sur les origines de mes talents de décoratrice, je me suis souvenue de mon aïeule. Si le nom des Stewart est bien connu, c’est un peu grâce à elle ! Les frères Grimm commirent une bien grande injustice : ils racontèrent à qui veut bien l’entendre, et aux petits surtout, que mon ancêtre était une odieuse sorcière, qu’elle engraissait les enfants pour mieux les faire rôtir, qu’Hansel et Gretel étaient gentils, doux et bons. Vous savez maintenant qu’il n’y pas une once de vérité dans leurs galimatias. N’empêche que la réputation de Martha a bien souffert de ces racontars et voilà pourquoi, moi qui porte son prénom, je m’efforce chaque jour à ma manière d’embellir la vie de mes semblables.

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Vers le soleil

28 avril 2011

à Vincent,

Il était une fois, dans un pays inconnu et très lointain, un champ de tournesols qui n’était pas comme les autres. À première vue, certes, même un expert en champ de tournesols se serait fourvoyé et l’aurait classé dans la catégorie CTPC, ce qui signifie dans le jargon des experts «Champ de tournesols de première catégorie». Cependant, si son analyse avait été plus fine et s’il avait su entendre la nature, il aurait perçu une plainte subtile, mélopée étrange qui disait tout son mal de vivre, là au coin droit du champ, proche du vieux cyprès et du petit ruisseau.

 

Qui pleurait sous le soleil provençal? Et surtout, pourquoi ces pleurs?

 

Eh bien ! Laissez-moi satisfaire votre curiosité et vous parler de celui qui aurait voulu être un soleil, mais qui n’était qu’un tournesol.

 

Toute la journée, le tournesol, depuis les premiers rayons du soleil sur l’horizon à l’aurore et jusqu’à ses derniers au crépuscule, suivait la course de l’astre, son idole. Il aurait aimé être comme lui : l’unique, celui que tout le monde attend, que tout le monde célèbre, celui qui réchauffe et qui donne bonne mine, celui qui aveugle et qui étale majestueusement sa puissance dans le ciel comme un monarque sur la terre.

 

Il se lamentait sur son sort qui n’avait fait de lui qu’une pâle réplique du dieu. Il geignait; et dans son langage de méridional, cela ressemblait à ceci : « Peuchère, je ne comprends pas! Pourquoi lui et pas moi ? C’est injuste… »

 

Et il recommençait à pleurer!

 

Les autres tournesols avaient essayé de lui remonter le moral; ils l’avaient consolé, mais désormais ils étaient fatigués de ce pleurnichard qui leur cassait les oreilles. Ses plus proches voisins, tannés de l’entendre, s’étaient résolus à commander une paire de bouchons aux abeilles qui venaient les butiner et, munis de leur cire protectrice, ils pouvaient à loisir, et surtout en paix, se faire dorer la pilule toute la sainte journée sans se soucier des jérémiades de leur comparse.

 

 

Un jour, pourtant, peut-être à cause de ses cris plus forts qu’à l’habitude, le tournesol alerta un voyageur qui passait par là. C’était une fourmi et, comme chacun sait, les fourmis sont des traductrices hors pair, douées pour les langues et les affaires.

 

Chico – c’était le nom de notre fourmi – s’approcha du tournesol et l’apostropha : « Dis donc l’ami, pourquoi pleures-tu ? Es-tu blessé ? As-tu besoin d’aide ? »

 

 

La fourmi n’est pas prêteuse – la cigale l’apprit à ses dépens – mais elle sait donner un coup de main à l’occasion. Le tournesol, surpris que quelqu’un lui adresse la parole, se tut. Ce silence soudain provoqua un léger émoi chez les corolles dorées… Le tournesol tourna ses pétales à gauche, puis à droite.

 

Rien.

 

Il pensa alors à cet instant que c’était son dieu qui daignait enfin l’interpeller…

 

Mais la voix reprit : « Eh, l’ami, je suis là. En bas ! ».

 

Alors le tournesol s’inclina et découvrit au pied de sa tige la minuscule créature : « Ah, c’est toi… », fit-il d’un air déçu.

 

La fourmi, qui avait un certain penchant pour la vantardise, répliqua : « Comment ça ? C’est moi ! Tu te fiches de ma figure, j’espère ! Sais-tu à qui tu parles ? Je suis Chico, la fourmi de Marseille! Et tu as intérêt à t’excuser tout de suite ou… tu vas regretter amèrement tes paroles! »

 

Mais au lieu de provoquer des excuses, les paroles de Chico déclenchèrent un nouveau déluge de plaintes et, devant ce torrent de larmes, la fourmi resta coite. Et ça, je vous jure, parole de conteuse, que faire taire un Marseillais est tout un exploit.

 

La fourmi se fit alors caressante : « Bon, je me suis emportée… Excuse-moi… On oublie ça, d’accord ? Dis-moi plutôt pourquoi tu pleures, peut-être pourrais-je t’aider? »

 

 

Le tournesol expliqua : ce fut long et difficile, car à chaque phrase succédait un sanglot et, finalement, la fourmi comprit que le tournesol rêvait d’être le soleil.

 

Chico était très embêtée, mais l’ingéniosité ne lui faisait pas défaut. Une idée lumineuse lui vint tout à coup : elle devait convaincre le tournesol qu’il était bien mieux d’être tournesol que soleil.

 

Comme le plaidoyer promettait d’être long, Chico s’installa confortablement à l’ombre de la plante aux reflets d’or , se racla la gorge et elle commença : « Vois-tu, je crois que tu n’es pas tant à plaindre. J’ai beaucoup voyagé, crois-moi, et j’ai rencontré des gens bien plus malheureux que toi. Toi, tu as la chance d’être entouré de ta famille; tu as des amis autour de toi avec qui tu peux partager tes peines et tes joies. Regarde-le, lui là-haut, tout seul : personne à qui parler, à qui faire la cour, avec qui jaser de tout de rien, de la pluie et du beau temps. Tu parles d’une vie. Ah ! C’est sûr, il a la paix! La sainte paix même! Mais comme il doit être triste de tout contempler sans pouvoir partager, de tout illuminer sans pouvoir se réjouir avec ceux qu’on aime. Je pense que si le soleil pouvait échanger ta place avec la sienne, il le ferait. »

 

Le tournesol n’avait jamais envisagé son problème sous ce jour, et ses pleurs s’étaient calmés.

 

« En plus, ton soleil n’est pas si puissant que ça. Un nuage peut le cacher; la Lune parfois s’amuse à lui voler la vedette et, s’il pleut, il n’est même plus capable de pointer son nez. J’ajouterais même qu’il a l’air bienfaisant parce qu’il chauffe et permet aux légumes de pousser.  Mais s’il décide de ne plus quitter le ciel, c’est la canicule et la récolte est fichue ! Alors celui que tu adores tant, parfois les hommes le maudissent.»

 

Le tournesol écoutait avec une attention accrue le discours de la fourmi et trouvait que ça faisait pas mal de bon sens.

 

«Faut-il encore pour te convaincre que je te dise que toi, tu réjouis le regard du promeneur quand il te voit, soleil parmi tant de soleils, éclairer son paysage… Que s’il te cueille, tu embelliras sa demeure. Que ta corolle jaune ressemble à un sourire éternel. Que ta place est ici avec les tiens parce que c’est là que ton destin doit s’accomplir. Qu’il est bon d’avoir des rêves, mais qu’ils ne doivent pas t’empêcher de vivre. Que tu es beau parce que tu existes tout simplement et que tu n’as pas besoin d’être un autre pour qu’on t’aime! »

 

Chico, dans ce dernier élan d’exaltation oratoire, s’était levée. Elle resta un instant le bras levé comme Cicéron à la fin d’un discours enflammé devant la plèbe. Ce fut un tonnerre d’applaudissements qui jaillit du champ : les tournesols s’étaient tous reconnus dans cette description, et même le tournesol pleureur criait à tue-tête. Les larmes qui coulaient sur ses pétales n’étaient plus de désolation et de découragement, mais de bonheur et de joie de vivre.

 

 

La soirée qui suivit fut chaude : les tournesols voulaient fêter le sauveur qui leur avait redonné confiance en eux, qui leur avait montré leur beauté et leur importance.

 

Quand la fête fut finie, le tournesol se tourna vers la fourmi, qui déjà reprenait son baluchon pour explorer d’autres contrées, et lui dit d’une voix émue : « Je te remercie pour ta tendresse et ton amour. Sans toi, je n’aurais jamais su que je peux moi aussi apporter du bonheur dans ce monde.»

 

 

La fourmi sourit et lui murmura doucement : « Eh! Petit tournesol, n’oublie pas : nous avons tous le même soleil. Chacun y trouvera sa place et s’y sentira heureux, car chacun peut être un soleil pour le cœur de l’autre. »

 

Merci  à Lauréanne Quenneville pour ses illustrations

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