Projet Amplisson

14 janvier 2012

Quand on parle d’éducation, il est rare que ce soit des réussites dont on parle et bien malheureusement les médias s’emploient plus souvent à critiquer les programmes, les bulletins, la Réforme qu’à mettre leur influence au service des bons coups qui peuvent se réaliser dans les milieux scolaires!

Aujourd’hui, j’ai décidé de prêter la vitrine de mon blogue à un projet dont m’a parlé une de mes amies et à solliciter la puissance des réseaux sociaux pour que l’année 2012 qui débute soit sous le signe des ces évènements heureux et signifiants qui donnent envie à nos enfants d’apprendre, de partager et de s’épanouir dans nos écoles québécoises.

Le projet se nomme Amplisson. À sa tête, il y a Jean-Sébastien Boies, un musicien professionnel qui a mis sur pied, avec son frère, le groupe Projet Orange dont vous avez peut-être déjà entendu parler. En effet, Projet Orange a reçu le mandat par la SAAQ de produire une chanson destinée à une campagne publicitaire de sensibilisation contre la vitesse au volant. C’est ainsi qu’est née la chanson « De Héros à Zéro » que je vous invite à écouter.

Amplisson est un projet de création et d’interprétation musicales qui a été mis sur pied à l’hiver 2010. L’organisation est chapeautée par monsieur Martin Savard, directeur de l’école institutionnelle de l’Aventure et de l’Arc-en-Ciel. Cette année, ce sont 50 enfants des deux écoles, répartis dans quatre groupes, qui participent aux ateliers musicaux. Les objectifs poursuivis par ces ateliers sont de former les jeunes à l’apprentissage de divers instruments de musique, de développer leur passion pour la musique et de leur apprendre la force du travail d’équipe. Ainsi, chacun de ces enfants assiste à une quarantaine de pratiques pendant lesquelles trois ou quatre chansons sont apprises. Ils enregistrent ensuite leurs chansons dans un studio professionnel et se produisent devant public. L’an dernier, les adultes impliqués dans l’entreprise ont pris conscience que, au-delà des objectifs avoués, ce projet avait eu des impacts insoupçonnés sur la motivation des jeunes et leur rendement académique. D’ailleurs, une équipe de TVA s’est intéressée de près au groupe et à leur première composition musicale intitulée You can try.

 


Le lancement d’album aura lieu le 26 janvier 2012. 300 personnes y seront conviées sur invitation. Afin de faire vivre l’expérience d’un vrai lancement d’album aux jeunes musiciens, des ressources ont été trouvées, mais il manque encore un service de traiteur et la présence de nombreux journalistes pour rendre compte de l’évènement.

Je crois sincèrement que ce projet mérite de recevoir l’appui de tous. Je vous invite donc à afficher ce billet sur vos murs Facebook, à le tweeter sur Twitter pour le publiciser aux médias  et à communiquer mes coordonnées (@nathcouz) à vos contacts dans la restauration qui pourront offrir gracieusement un service de traiteur pour aider à ce que ce lancement soit un succès. Merci :-)

 

 

 

 

 

 

Lié à: le plateau de Beauregard.

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Entre contes et merveilles : les mots de jeudi et vendredi

17 décembre 2011

Ainsi s’achève la première phase du projet #tweetconte. Voici tous vos mots préférés tirés des contes merveilleux recueillis sur Twitter qui seront présentés aux enfants de 3e année le 20 décembre et qu’ils auront à leur disposition  pour créer un conte collectif entre 13h et 15h.

Merci @anniecasuffit @edithjolicoeur @zecool @GilbertOlivier @jbernatchez @Classe_BriProf @Pilar_Mun @Manjolicoeur pour leur participation jeudi et vendredi et merci à tous et à toutes qui, à travers la francophonie et au-delà des frontières terrestres, ont généreusement contribué à la réussite de cette première étape du projet.

Voici la liste de tous les mots recueillis durant la semaine, classés par catégorie :

# Des personnages

  • un ogre
  • un crapaud
  • Schéhérazade
  • la marraine-fée (Cendrillon)
  • l’Empereur
  • une fée
  • une sorcière
  • un magicien
  • le maître-voleur (Frères Grimm)
  • le prince charmant
  • un ourson
  • un hérisson
  • le prince
  • un gnome
  • un chevalier
  • une licorne
  • un roi
  • un cheval
  • le Bonhomme sept-heures
  • un druide
  • un dragon
  • une grenouille

#Des objets

  • la robe couleur du temps (Peau d’Ane)
  • la chevillette (Le Petit Chaperon rouge)
  • le miroir
  • les cailloux
  • la potion
  • la baguette
  • le tapis volant
  • la pantoufle de « verre » ou de « vair »
  • les bottes de 7 lieues
  • les cheveux d’or
  • le pain d’épice
  • une clé
  • une aiguille
  • une citrouille
  • un pois
  • le nez (celui de Pinocchio)
  • un air
  • une épée
  • une lance
  • le bateau fantôme
  • une tresse

# Des lieux

  • la caverne
  • le bois dormant
  • la forêt enchantée
  • le château

# Des expressions

  • «Non,non, non par les poils de mon menton tu n’entreras pas.» (Le loup et les 3 petits cochons)
  • «Tire la chevillette et la bobinette cherra.» (Le Petit Chaperon rouge)
  • «Bibbidi-Bobbidi-Boo» (Cendrillon)
  • «Il était une fois»
  • «Abracadabra!»
  • «Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.»
  • «Je vais te manger.»

# Des actions

  • une épreuve
  • un sort
  • un charme
  • une formule
  • un voeu
  • un don
  • un bal
  • un maléfice
  • un sortilège
  • des pouvoirs magiques
  • la chasse-galerie
  • éplucher
  • ensorceler
  • pleurnicher
  • chevaucher
  • dévorer
  • délivrer
  • s’égarer
  • sauver
  • fondre en larmes.

# Des chiffres

  • 3 (Les Trois petits cochons)
  • 7  (des bottes de sept lieues du Chat botté)
  • 7  (Les sept petits biquets)
  • 1001 (Mille et une nuits)

# Une époque

  • minuit
  • toujours

# Des sentiments

  • amoureux

# Des attributs

  • vilain
  • bossu
  • peau de pêche

 

À Mardi 20 décembre

pour la suite du projet avec les enfants

:-)

Lié à: la pointe de Tardevant.

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Entre contes et merveilles : le mot de mercredi

14 décembre 2011

Troisième jour du défi #tweetconte et …. un seul mot pour compléter la liste déjà dodue des mots préférés tirés des contes merveilleux.

Merci à donc @edithjolicoeur pour sa fidèle contribution quotidienne.

Vous trouverez la liste des mots trois jours classés ci-dessous par catégorie :

# Des personnages

  • un ogre
  • un crapaud
  • Schéhérazade
  • la marraine-fée (Cendrillon)
  • l’Empereur
  • une fée
  • une sorcière
  • un magicien
  • le maître-voleur (Frères Grimm)
  • le prince charmant
  • un ourson
  • un hérisson
  • le prince
  • une licorne
  • un roi

#Des objets

  • la robe couleur du temps (Peau d’Ane)
  • la chevillette (Le Petit Chaperon rouge)
  • le miroir
  • les cailloux
  • la potion
  • la baguette
  • le tapis volant
  • la pantoufle de « verre » ou de « vair »
  • les bottes de 7 lieues
  • les cheveux d’or
  • le pain d’épice
  • une clé
  • une aiguille
  • une citrouille
  • un pois
  • le nez (celui de Pinocchio)
  • un air

#Des lieux

  • la caverne
  • le bois dormant
  • la forêt enchantée
  • le château

#Des expressions

  • «Non,non, non par les poils de mon menton tu n’entreras pas.» (Le loup et les 3 petits cochons)
  • «Tire la chevillette et la bobinette cherra.» (Le Petit Chaperon rouge)
  • «Bibbidi-Bobbidi-Boo» (Cendrillon)
  • «Il était une fois»
  • «Abracadabra!»
  • «Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.»
  • «Je vais te manger.»

# Des actions

  • une épreuve
  • un sort
  • un charme
  • une formule
  • un voeu
  • un don
  • un bal
  • un maléfice
  • un sortilège
  • des pouvoirs magiques
  • éplucher
  • ensorceler
  • pleurnicher
  • chevaucher
  • dévorer
  • délivrer
  • s’égarer

#Des chiffres

  • 3 (Les Trois petits cochons)
  • 7  (des bottes de sept lieues du Chat botté)
  • 7  (Les sept petits biquets)
  • 1001 (Mille et une nuits)

#Une époque

  • minuit

 

 

On lâche pas!

À demain pour la suite.

 

 

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Entre contes et merveilles : les mots du mardi

13 décembre 2011

Deuxième jour du défi #tweetconte et dès mon réveil, je trouve quelques nouveaux mots à ajouter à la liste d’hier :-)

Merci à @Multimot @celinerc @yolandevillemai @capitaleblogue @zecool @edithjolicoeur @sutthini @nathcouz pour leur contribution tout au long de la journée.

Vous trouverez en ajout aux mots de lundi les mots de mardi classés ci-dessous par catégorie :

# Des personnages

  • un ogre
  • un crapaud
  • Schéhérazade
  • la marraine-fée (Cendrillon)
  • l’Empereur
  • une fée
  • une sorcière
  • un magicien
  • le maître-voleur (Frères Grimm)
  • le prince charmant
  • un ourson
  • un hérisson
  • le prince
  • une licorne
  • un roi

#Des objets

  • la robe couleur du temps (Peau d’Ane)
  • la chevillette (Le Petit Chaperon rouge)
  • le miroir
  • les cailloux
  • la potion
  • la baguette
  • le tapis volant
  • la pantoufle de « verre » ou de « vair »
  • les bottes de 7 lieues
  • les cheveux d’or
  • le pain d’épice
  • une clé
  • une aiguille
  • une citrouille
  • un pois
  • le nez (celui de Pinocchio)
  • un air

#Des lieux

  • la caverne
  • le bois dormant
  • la forêt enchantée
  • le château

#Des expressions

  • «Non,non, non par les poils de mon menton tu n’entreras pas.» (Le loup et les 3 petits cochons)
  • «Tire la chevillette et la bobinette cherra.» (Le Petit Chaperon rouge)
  • «Bibbidi-Bobbidi-Boo» (Cendrillon)
  • «Il était une fois»
  • «Abracadabra!»
  • «Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.»
  • «Je vais te manger.»

# Des actions

  • une épreuve
  • un sort
  • un charme
  • une formule
  • un voeu
  • un don
  • un bal
  • un maléfice
  • un sortilège
  • éplucher
  • ensorceler
  • pleurnicher
  • chevaucher
  • dévorer
  • délivrer
  • s’égarer

#Des chiffres

  • 3 (Les Trois petits cochons)
  • 7  (des bottes de sept lieues du Chat botté)
  • 7  (Les sept petits biquets)
  • 1001 (Mille et une nuits)

#Une époque

  • minuit

 

 

Ça va bien!

À demain pour la suite.

 

 

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Entre contes et merveilles : les mots du lundi

12 décembre 2011

Aujourd’hui, 12 décembre 2011, c’est le début de l’aventure #tweetconte :-)

Voici les mots qu’aujourd’hui 14 membres Twitter (@Aurise @Hugoline2 @PaquetFrancois @Multimot @EnfantsAmour @mapav8 @ph_dupuis @edithjolicoeur @carobegin @zecool @meme_aimee @tenirconte @celinerc @BrigitteProf @JoBanane) m’ont fait parvenir sous le mot-clic #tweetconte.

Je les remercie chaleureusement pour leur participation et je vous encourage à augmenter la banque de mots dans les jours prochains et ce, jusqu’à vendredi 16 décembre 2011 à 18 heures, en n’oubliant pas de mentionner la balise #tweetconte dans votre gazouillis.

Vous trouverez les mots classés ci-dessous par catégorie :

# Des personnages

  • un ogre
  • un crapaud
  • Schéhérazade
  • la marraine-fée (Cendrillon)
  • l’Empereur
  • une fée
  • une sorcière
  • un magicien
  • le maître-voleur (Frères Grimm)
  • le prince charmant

#Des objets

  • la robe couleur du temps (Peau d’Ane)
  • la chevillette (Le Petit Chaperon rouge)
  • le miroir
  • les cailloux
  • la potion
  • la baguette
  • le tapis volant
  • la pantoufle de « verre » ou de « vair »

#Des lieux

  • une caverne

#Des expressions

  • «Non,non, non par les poils de mon menton tu n’entreras pas.» (Le loup et les 3 petits cochons)
  • «Tire la chevillette et la bobinette cherra» (Le Petit Chaperon rouge)
  • «Bibbidi-Bobbidi-Boo» (Cendrillon)
  • «Il était une fois»
  • «Abracadabra!»
  • « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants« 

# Des actions

  • une épreuve
  • un sort
  • un charme
  • une formule

#Des chiffres

  • 3 (Les Trois petits cochons)
  • 7  (des bottes de sept lieues du Chat botté)

C’est bien parti! À demain pour la suite.

 


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Entre contes et merveilles

8 décembre 2011

Notre imaginaire est rempli de personnages, de lieux et d’objets issus des récits lus et entendus depuis notre enfance. Ils ont traversé les époques et nous réunissent hommes et femmes du monde entier, créant un espace universel où chacun rejoint une part de lui-même abritant rêves, dépaysement, fuite, possibilités d’aventures extraordinaires, peurs, espoirs, questions sur la vie etc. Ainsi les contes assurent une continuité à travers les siècles; ils sont le relais d’un imaginaire à l’autre, la tradition qui lie les générations.

Dans le même esprit qu’il y a quelques mois mon amie Monique Le Pailleur (alias @Aurise) lançait le défi du roman sans E sur Twitter, le 20 décembre 2011, entre 13h et 15h15, je vous invite à participer à une activité d’écriture collaborative via Twitter.

Ce jour-là, j’animerai dans une classe du primaire à Québec un atelier d’écriture avec des enfants de 3e année (suivre @nathcouz sur Twitter). J’ai eu l’idée de vous mettre à contribution en vous posant une question pour remuer votre imaginaire, dont les enfants se saisiront pour créer une oeuvre originale :

«De tous les mots des contes merveilleux,

lequel est votre préféré?»


Si vous acceptez de participer à ce projet d’écriture, vous me ferez connaître votre mot préféré sous le mot-clic #tweetconte durant la semaine du 12 au 16 décembre 2011.

Les enfants en prendront connaissance le 20 décembre et les inséreront à leurs tweets qui aboutira à la production d’un récit. Vous pourrez lire et commenter en direct, durant tout l’après-midi du 20 décembre, les gazouillis des enfants et je publierai sur Randonnée scripturale le récit au complet le soir-même.

Ce conte merveilleux s’emparera de vos souvenirs et en permettra la création de nouveaux. Ce sera, pour ma part, ma façon de faire vivre à ces jeunes auteurs une situation authentique de création littéraire, riche, signifiante, marquante qui leur permettra, je l’espère, de modifier leur rapport à l’écriture et à la littérature en les valorisant.

Pour moi, la littérature est vivante, elle n’est pas enfermée dans les bibliothèques ou les librairies. Elle doit exister dans la salle de classe. Mais pour cela, il faut accorder un peu d’espace à l’imaginaire des enfants, leur permettre de sortir des cadres préconçus trop souvent liés à l’évaluation, les amener dans une dynamique où ils voient se matérialiser l’acte d’écrire, qu’ils en perçoivent les difficultés aussi et qu’ils comprennent le sens des apprentissages qu’ils font à l’école pour non pas devenir des Marcel Proust en puissance, mais tout simplement des amoureux de la langue et des mots, et cela pour la vie.

Après on verra. Après ils choisiront. Mais la graine sera plantée, et peut-être… peut-être… verrons-nous un jardin coloré, un jour, où nous serons heureux de nous reposer l’âme et le coeur.


 

 

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Partance

30 novembre 2011

«Le langage du monde s’écrit par chances et coïncidences. Dans la vie, tout est signe.»

Paulo Coelho, L’Alchimiste

 

À D.C

 

Pause.

Le temps s’arrête.

L’horizon n’a plus de frontières.

 

Une voix emplit l’espace saturé par les accents étrangers, les roulements des valises, les vrombissements des moteurs.

Par-dessus la foule bigarrée, une voix, chaleureuse et sensuelle, qui prononce des noms exotiques, qui drague l’imagination, qui invite à l’évasion.

«Les passagers à destination de Rio de Janeiro sont attendus porte 5.Je répète. Les passagers à destination de Rio de Janeiro. Porte 5. Dernier appel avant l’embarquement.»


Images portées par la voix : mille et une…

Soleil, plage, neige, toundra, vaporetto, bateau mouche, taxi jaune, gondole, Tour Eiffel, Grand Canyon, Sahara, Kilimandjaro, dolce vita, cabaret, souk, Danke schön, grazie, aligato, tapas, loukoums, vodka, bonheur, rires, repos, émerveillement, retrouvailles, dépaysement, fuite…

Ailleurs.

«Les passagers à destination de Copenhague sont attendus à la porte 21…»

 

Jamais autoritaire et pourtant toujours écoutée, la voix est maîtresse.

Elle enchaîne son leitmotiv ensorceleur.

« Les passagers à destination de Casablanca sont attendus… Les passagers à destination de Casablanca… Je répète… Dernier appel avant l’embarquement.»


À chaque fois, les hommes et les femmes se lèvent.

À chaque fois, ils marchent en direction des portes.

À chaque fois, ils obéissent.

À chaque fois.

Partance.mp3

 

 

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Des tweets aux écrits longs, vers une passerelle transatlantique*

6 septembre 2011

*Merci à au génie créateur et créatif de Bertrand Formet pour le titre du projet :-) et pour plusieurs précisions apportées au billet, notamment en ce qui concerne les programmes d’études français.

Bon, ben voilà, on y est : le projet #twittclasse Québec-France vient de voir le jour, et moi, je suis comme une maman qui contemple son bébé pour la première fois : émerveillée, ravie, conquise et je vous promets que, dans la bouche d’Amandine Terrier, cet adjectif sonne encore plus joli ;-) . J’ai rêvé ce moment de partage et de collaboration pédagogiques en mode 2.0 et, depuis quelques heures, il se concrétise grâce à Amandine Terrier (alias @AmandineTer), Marie-Ève Gauron (alias @megauron) et Bertrand Formet (alias @TiceChampagnole) et, bientôt grâce aux élèves de ces deux enseignantes qui vont se découvrir, apprendre à se connaître, construire ensemble des savoirs et écrire en collaboration malgré la distance, malgré le décalage horaire, grâce aux réseaux sociaux et aux technologies de l’information et des communications.

L’intention

L’idée au départ est de mener une expérience qui démontre l’intégration des TIC au service des apprentissages en français et au développement de la compétence à écrire, en utilisant entre autres des outils de microblogage comme Twitter et ou de blogue comme Tumblr, partant de l’hypothèse que produire des écrits courts au quotidien avec un destinataire réel permet de relancer la motivation des élèves à produire des textes plus longs que les 140 caractères imposés par Twitter. Pour reprendre les mots d’Amandine, «cet exercice reste moins fastidieux que l’écriture d’un texte long [...] et pourtant nous nous entendons tous qu’il en faut des connaissances pour bien tweeter. Alors comme «on ne FAIT pas de la production d’écrit en classe gratuitement, qu’on ÉCRIT dans un but précis et le plus souvent possible POUR un destinataire, il est nécessaire que les écrits aient du sens : j’écris pour quelqu’un, soit, mais sur Twitter, je m’en rends compte !»

Les acteurs

Deux classes francophones de l’enseignement primaire, une classe au Québec et une en France, soit la classe de 3e cycle (élèves âgés de 10 et 11 ans de la 5e année du primaire) de Marie-Ève Gauron de l’Externat Saint-Coeur de Marie à Beauport (Québec) (@classemegauron) et la classe du cycle 3 (élèves âgés entre 8 et 11 ans des classes de CE2, CM1 et CM2) d’Amandine Terrier à Crotenay (Jura, France) (@crotenaycycle3), accompagnées au Québec par Claude Frenette, conseiller RECIT (@claude_frenette) et moi-même (@nathcouz) et en France par Bertrand Formet, animateur TICE (@TiceChampagnole).

Les premiers échanges

Amandine nous rappelle quelques constats suite à sa dernière expérience d’utilisation de Twitter en salle de classe. Elle revient sur les bénéfices de l’utilisation de l’outil mais aussi sur les contraintes et les difficultés. On ne se fait pas de cachette et, dans cette aventure pédagogique transatlantique, ce qui est fabuleux, c’est l’immédiate complicité qui nait entre nous. On ne minimise pas la prise de risques et on se parle en toute confiance. Marie-Ève formule d’entrée de jeu à sa collègue française qu’elle ne maîtrise pas encore très bien Twitter. Amandine la rassure en lui prodiguant quelques conseils et en lui garantissant soutien et collaboration pour se familiariser rapidement avec l’outil.

Le projet (étape par étape)

Étape 1

Une fois que Marie-Ève se sentira prête à gazouiller, les élèves profiteront de la contrainte des 140 caractères de Twitter pour se présenter les uns aux autres et valoriser leurs centres d’intérêt. Ils pourront faire connaître à leurs futurs abonnés qui ils sont en tant que personnes et en tant que groupe-classe également. Ils pourront donc parler d’eux dans des tweets, en choisissant dans une grille de présentation la ou les caractéristiques personnelles qu’ils désirent faire valoir puis ils produiront en commun d’autres tweets à partir d’une discussion en équipe ou de la création d’une carte heuristique qui schématisera la représentation qu’ils se font de leur classe et de leur milieu de vie.

Chacune des classes reprendra les tweets de l’autre classe et fera une synthèse de ces informations, en écrivant de courts textes à partir des tweets et/ou en créant des cartes mentales. Les tâches pourraient être réparties entre les élèves en tenant compte de leur intérêt à réaliser l’une ou l’autre des tâches.

Suite à cette activité de découverte, les élèves pourront questionner les jeunes de l’autre classe pour, par exemple, demander des précisions ou commenter les informations reçues sur la time line du projet #140etplus.

Avant cette discussion virtuelle, les élèves auront pu comparer les différences et les ressemblances entre chacun de leurs milieux de vie, ce qui leur permettra de s’ouvrir sur le monde et à la diversité culturelle. On peut facilement faire des liens avec les domaines généraux de formation (DGF), les autres disciplines notamment Éthique et Culture religieuse (ECR) et Univers social et les visions du programme de l’école québécoise.

Pour ce qui relève du programme en France, il y aurait aussi un ancrage possible pour développer des compétences en vocabulaire (Français), des notions en lien avec la culture humaniste (Histoire et Géographie) et aussi les concepts de respect des personnes et de francophonie (Instruction civique et Morale).

Les interactions issues de ces échanges via Twitter seront le point de départ d’écrits plus longs. En ce sens, on considérera les tweets comme des textes précurseurs de ces écrits et cela sera la deuxième étape du projet (donc à suivre dans un prochain billet).

Les connaissances en action

Il est évident que tweeter exige de réaliser de nombreux apprentissages en langue et suppose le réinvestissement de nombreuses connaissances, soit des notions et des concepts, des stratégies et aussi la prise en compte des repères culturels. Chaque enseignante planifiera ces apprentissages et les intègrera au travail sur la langue et sur les textes. Ce sera par exemple l’occasion de travailler autrement des concepts en grammaire (la phrase interrogative), des notions lexicales et l’orthographe, des stratégies (voir les pistes pour l’appropriation des connaissances présentées dans la deuxième section de la Progression des apprentissages en écriture au primaire) et des repères culturels (voir la production audiovisuelle du projet du Mois de la Culture 2012 en ligne dès octobre 2011 sur le site du MELS ). Et pour faire des ponts entre nos deux milieux scolaires, on retrouve dans le programme de français de la France des propos qui sonnent familiers à nos oreilles québécoises.

« L’acquisition du vocabulaire accroît la capacité de l’élève à se repérer dans le monde qui l’entoure, à mettre des mots sur ses expériences, ses opinions et ses sentiments, à comprendre ce qu’il écoute et ce qu’il lit, et à s’exprimer de façon précise et correcte à l’oral comme à l’écrit.»

Je reviendrai sur tous ces éléments relatifs aux programmes d’étude de façon plus détaillée dans un prochain billet.

Et peut-être que ….

Une fois que tout ce travail aura été accompli, les élèves se lanceront dans l’écriture d’un récit collaboratif avec un intérêt particulier pour deux modes de discours, la description et la narration. Les ingrédients du récit, sa construction, son organisation seraient issus des échanges entre les deux classes qui deviennent ressources l’une pour l’autre. Le Tumblr serait l’environnement choisi pour le dépôt des morceaux du récit en construction et Twitter servirait de passerelle pour le partage de commentaires et rétroactions entre les deux classes. Ainsi Twitter devient une banque d’informations où pourraient émerger les idées, où les élèves pourraient échanger, commenter, réagir aux questions qu’ils se posent ou que le récit en construction suscitera.

 

Mais avant tout ça, kécékisétaitpassé, hein?

La genèse du projet #140etplus

Jour 1

Les nombreux projets et expériences outre-atlantiques utilisant un réseau social tel que Twitter en cours de français m’inspirent, me séduisent et rejoignent ma vision de l’école telle qu’elle devrait être aujourd’hui. L’emploi du conditionnel n’est pas innocent dans la phrase précédente… et j’en ai déjà parlé ici et ici. Ces nouvelles façons d’envisager l’enseignement du français et l’apprentissage m’aident à poursuivre ma réflexion sur l’intégration des technologies au développement des compétences et au service des apprentissages en langue maternelle. Ici, je rejoins les préoccupations de Laurence Juin et les commentaires suscités par ses propos.

«Tout dépend finalement de l’usage pédagogique que nous souhaitons, enseignants, donner à ces outils. Comme on ne donne pas n’importe quel livre à lire à un élève sans réfléchir au scénario pédagogique associé, on ne met pas à leur disposition n’importe quel outil du Web 2.0

Twitter n’est rien en soi pas plus qu’un TBI, qu’une craie, que le matériel didactique même parfois. Ce qui m’intéresse pour ma part, c’est de voir s’il y a des apprentissages qui peuvent être réalisés mieux avec Twitter, de façon plus durable, si le rapport à la langue des élèves s’en trouve modifié, si cela le rend plus positif, si les apprentissages prennent un autre sens, deviennent plus signifiants et par exemple en ce qui concerne la révision de texte. Bref, si, au terme de ces expériences, les élèves ont développé davantage leur compétence à écrire. Lire à ce sujet le rapport d’évaluation de programme paru en 2009 sur la perception du sentiment de compétence chez les élèves québécois en écriture et en lecture :

«Comme l’illustre la figure 1, la perception de compétence en lecture et en écriture est de moins en moins élevée du primaire au secondaire. Également, il existe une diminution de la motivation à lire et à écrire à mesure que le niveau scolaire augmente. Ces résultats vont dans le même sens que ceux obtenus par de nombreuses recherches, menées au Québec (Bouffard et autres, 2005) ou ailleurs (eccles et autres, 1993 ; McKenna et autres, 1995 ; Wigfield et autres, 1997), qui ont montré que la perception de compétence et la motivation scolaires de l’élève tendent à diminuer à mesure que celui-ci progresse dans le système scolaire.» (p.54)

Jour 2

Les profs sont blogueurs (oui, le paradis existe!) et alimentent leurs blogues respectifs de compte-rendus, constats, commentaires très riches dont je prends connaissance avec intérêt. Mon envie d’accompagner des enseignants dans un projet #twittclasse se fait plus précise, et au hasard de mes lectures, je découvre les regrets d’Amandine concernant le désintérêt de ses élèves pour le blogue après avoir vécu l’expérience Twitter. «Zut alors!», que je me dis…

Jour 3

Il y eut un soir, il y eut un matin et… l’idée germa! J’aurais pu aussi parodier le savant grec Archimède et crier ηὕρηκα, mais comme je n’étais pas certaine que tout le monde comprenne, j’ai abandonné l’idée de m’exprimer en grec. Blague à part voilà ce que je me suis dit : pourquoi tweeter empêcherait-il de bloguer? Et encore : comment Twitter pourrait-il permettre de revenir au blogue ou redonner envie aux élèves d’y écrire, d’y publier? Et par dessus ou en dessous, comment Twitter permettrait-il d’écrire autrement et mieux, d’apprendre autrement et mieux, et tout cela de façon durable? Bref, qu’est-ce qui dans ces nouvelles pratiques permet aux élèves de devenir de meilleurs scripteurs et de développer un rapport positif à la langue et à l’écriture?

Jour 4

J’ai envoyé dans le vaste océan un tweet et Amandine Terrier a répondu. J’ai eu ensuite le bonheur immense par un beau dimanche de pouvoir échanger via skype avec elle. Je lui ai proposé de créer une collaboration France-Québec. Elle a accepté.

Voici un résumé de notre conversation. J’ai peut-être inversé des propos et attribué à Amandine mes paroles et inversement, mais ce n’est pas très grave parce que nous étions en communion de pensées, ce qui fait que peu importe qui a dit quoi, pourvu que vous ayez la «substantifique moelle» comme dirait mon ami François…

nathcouz : Salut Amandine, penses-tu comme moi qu’on peut travailler à partir des tweets pour redorer le blason du blogue en utilisant la TL comme une banque d’informations et d’espace de questionnements, d’échanges, de réactions ou d’appréciations?

AmandineTer : En somme, le blogue deviendrait le support d’un texte où s’organiseront les tweets?

nathcouz : Oui, exactement. On pourrait imaginer par exemple un apprentissage en grammaire de la phrase sur l’interrogation quand tes élèves questionneraient les élèves québécois…

AmandineTer : Ouiiii et aussi en lexique sur le vocabulaire parce qu’au Québec vous avez plein d’expressions qu’on n’emploie pas ici :-)

nathcouz : On pourrait aussi travailler en grammaire du texte sur les marqueurs pour lier la progression des informations une fois qu’on aurait une banque assez fournie sur Twitter.

AmandineTer : Ce serait chouette : mes élèves  découvriraient un milieu francophone différent du leur.

nathcouz : Yeah, une belle façon d’exploiter les repères culturels!

(Désolée, déformation professionnelle, c’est ça que ça fait d’être chargée de projet depuis trois ans pour le Mois de la culture, j’en vois partout!)

AmandineTer: On pourrait demander aux élèves québécois d’écrire un texte long à partir des tweets de mes élèves et inversement.

nathcouz : Super, une expérience d’écriture collaborative où les jeunes négocient le sens et l’organisation du récit via les tweets qui seraient traités de part et d’autre. Les publications des textes longs donneraient lieu à des interactions sur Twitter, genre appréciation, réaction et commentaire critique. On toucherait ainsi différentes dimensions de la lecture qui serviraient au final l’écriture et puis ce serait une belle manière d’interrelier les compétences via les TIC et d’exploiter les différentes familles de situations et…

Là, silence. Silence parce que je perds Amandine dans le vocabulaire des programmes de français de l’école québécoise, mais silence surtout parce que, sans déconner, toutes les deux, à cet instant précis, on a vraiment eu l’intuition qu’y avait kekchose qui se passait (comme dirait André Sauvé, inside Joke pour @mariejoharnois et les CP de français des formations du MELS), qu’on avait un beau projet à concrétiser qui serait signifiant pour les élèves et qui donnerait aussi de la pérennité aux microtextes publiés sur Twitter.

Jour 5

Enthousiaste, je pars à la recherche du prof qui acceptera au Québec de se lancer dans l’aventure et, lors d’une formation du MELS, je rencontre Marie-Ève Gauron, une enseignante du primaire à l’Externat Saint-Coeur de Marie, une école privée de la région de Québec. Elle se montre très intéressée et accepte de me revoir pour lui présenter le projet plus en détails, ce que nous faisons la veille des vacances scolaires.

Jour 6

Passe l’été et Marie-Ève, le 27 août, m’envoie un courriel pour me signifier son intérêt toujours marqué pour le projet Twittclasse. Je sers d’agent de liaison entre Marie-Ève et Amandine et nous convenons d’une rencontre skype pour le dimanche 3 septembre (oui, un dimanche!).

Jour 7

Dimanche 3 septembre. Revenir au début du billet pour savoir ce qui s’est dit en ce beau dimanche qui précédait la rentrée des classes.

Pour conclure, ce lonnnnnng billet, je ne sais pas ce que Dieu a fait le septième jour, mais moi,  je suis allée me coucher avec plein d’étoiles dans les yeux et, dans quelques heures, en ce beau lundi 19 septembre, j’ai bien hâte de les voir briller dans les yeux de ces élèves de la centième twittclasse francophone.

 

À lire, en complément cet article paru dans le Monde, Maîtresse, quand est-ce qu’on tweete?

 

 

Lié à: la pointe de Tardevant.

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Destinées fractales

25 août 2011

«Ce que nous voyons et entendons finit par ressembler et même par se confondre avec ce que nous n’avons pas vu ni entendu, ce n’est qu’une question de temps, ou bien suffit-il que nous disparaissions… Parfois j’ai le sentiment que rien de ce qui arrive n’arrive vraiment, parce que rien n’arrive sans interruption, rien ne perdure, ne persiste, ne se rappelle constamment, et même la plus monotone et routinière des existences s’annule et se nie elle-même dans son apparente répétition, au point que rien ni personne n’a jamais été le même auparavant, et la faible roue du monde est mue par des sans-mémoire qui entendent, voient et savent ce qui n’est pas dit et n’a pas lieu, est inconnaissable et invérifiable. Ce qui se fait est identique à ce qui ne se fait pas, ce que nous écartons ou laissons passer, identique à ce que nous prenons ou saisissons, ce que nous ressentons, identique à ce que nous n’avons pas éprouvé. Pourtant notre vie dépend de nos choix, et nous la passons à choisir, rejeter et sélectionner, à tracer une ligne qui sépare ces choses équivalentes, faisant de notre histoire quelque chose d’unique qui puisse être raconté et remémoré. Nous employons toute notre intelligence, nos sens et notre ardeur à distinguer ce qui sera nivelé, ou l’est déjà, c’est pourquoi nous sommes pleins de remords, d’assurances et d’occasions perdues, de confirmations, d’assurances et d’occasions saisies, quand il s’avère que rien n’est sûr et que tout se perd. Ou peut-être n’y a-t-il jamais rien eu.»

Traduction Alain et Anne-Marie Keruzoré (Ed.Rivages poche)


à D. H.

 

6h44.

Malgré le sachet de lavande disposé sous son oreiller pour faciliter son sommeil, elle avait mal dormi. Comme hier. Comme la veille d’hier. Comme depuis plusieurs jours qu’elle forçait à essayer de calmer le grand feu, à l’éloigner, à l’éteindre. Immense charivari intérieur encore une fois! Elle qui pensait avoir trouvé la paix, avoir déjoué les fantômes du passé, elle qui pensait ne plus succomber à la folie du désir, elle luttait. Elle luttait une fois encore contre l’envie de tout plaquer, de se moquer des convenances, de museler ses valeurs et trahir ses principes. Elle luttait pour ne pas plonger et s’abîmer dans le gouffre séduisant des habitudes. Elle luttait pour ne pas provoquer la vie, le destin. Pour ne pas le provoquer, lui. Ne pas le pousser, ne pas lui forcer la main, ne pas l’entraîner dans la valse infernale où elle s’était déjà étourdie et perdue si souvent… C’était il y a autrefois. Du moins, elle le croyait…

 

Je suis folle, affolée, animée par le tourbillon d’anciens démons : passion, rêves, espoir, attente… Tisons brûlants, ils reviennent différents mais semblables, toujours aussi dévastateurs. Ma tête a mal, mon esprit est à l’étroit. Mon ventre crie famine. Mon coeur est sec.

 

Pas une oasis assez verdoyante pour étancher sa soif. Pas une terre assez fertile pour assouvir sa faim. Pas une parole assez douce pour calmer sa peur. Pas une caresse assez vraie pour chasser ses doutes. Tellement de paradoxes s’entrechoquaient et la désarçonnaient.

 

Je ne t’aime pas ; je n’ai pas besoin de toi ; je ne te connais pas.  Alors pourquoi? Pourquoi le souvenir attise-t-il la brûlure laissée par tes baisers ? Pourquoi ai-je tant envie de toi? Pourquoi toi? Pourquoi autant? Pourquoi seulement toi?

 

Elle avait envie de lui alors qu’elle savait qu’il était une cité interdite. Elle avait envie de lui alors qu’elle savait qu’elle courait à sa perte. Elle avait envie de lui alors qu’elle savait qu’il n’existait rien, qu’il n’y aurait rien, que tout était vain, qu’il n’existait pas puisqu’il ne pouvait rien être pour elle, qu’elle n’existait pas puisqu’elle n’était rien pour lui. Il avait raison : dans le réel, c’est là que la partie se jouait. Pour le moment, aucune partie n’était commencée. C’était l’absolu du vide, la splendeur vertigineuse du néant ouvert sous ses pieds, attirant, accaparant, avalant : le chaos. Théorie du vide et non pas apologie du bonheur. Un vide qu’elle comblait par des jeux misérables où il devenait son partenaire, où son imagination malade inventait des chimères, sirènes, traitresses, admirables et puissantes, où elle gaspillait son temps, où elle maquillait sa vie comme au cirque même si elle détestait les larmes du clown quand le rideau tombait.

 

Elle avait pris une grande feuille blanche et avec soin, calligraphiant ses lettres lentement, comme pour apprécier la liberté qu’elle s’octroyait, elle avait tracé ces mots :

«Adieu, c’est le seul mot qui convient. Game over puisque les dés sont pipés. Retour à la case départ sans passer par la prison ni voler la banque. Attendre un autre tour, mon tour. Attendre une autre main, une meilleure. Croire que la roue tournera, que la chance me sourira.»

 

 

Lié à: le roc d'enfer.

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Viva la vida

16 août 2011

La vie est ailleurs et, parfois, elle est là : fugace, l’air de rien, elle passe. Elle passe et, si nous n’y prenons garde, elle ne s’arrête pas. Elle n’attend pas. Elle passe. Étoile filant dans le firmament, elle ne reviendra pas. Ça peut paraître pessimiste comme vision. Ça peut paraître sans lendemain, un peu bornée, cette limite de l’horizon du maintenant… Et pourtant, qu’en est-il du présent? Comment figer les instants heureux, les rendre immuables? Comment assurer l’éternité du bonheur?

Il existe un mot pour traduire le caractère de ce qui dure toujours ou très longtemps : c’est la pérennité. Souvent, nos vies ressemblent à de longues plages où sur le sable, on écrit, on dessine, on travaille la matière pour y imprimer des signes, signes qu’une vague effacera, signes qui disparaîtront de notre vue… Que se passe-t-il alors si chaque jour est comme une nouvelle page, vierge, immaculée, où tout est pour recommencer?

Moi, sur la page blanche, je lance mes mots pour meubler le grand vide, pour arrêter la vie et pour capturer le bonheur. J’invente des vies parce que je sais qu’il faut vivre, qu’il n’y a rien de plus terrifiant et grisant que la vie, que bien souvent on ne vit pas, qu’on fait semblant pour y échapper belle et bien car, en vrais vivants, on est passé maîtres dans des pas de danse de plus en plus savants et jolis qui nous en éloignent. On passe nos journées, nos nuits ou des heures, bref on passe notre temps. On passe la main ou on passe notre tour. On passe en revue ou on passe à autre chose. On passe outre ou on passe sous silence. Et au bout du compte, comme on est souvent passé à côté, il ne s’est rien passé, il ne se passe rien et il ne se passera plus rien, car c’est l’heure de passer, pour de vrai, de l’autre côté… Fini.

Fini comme dans pour toujours?

Non.

Je parle. Je ris. Je crie. Je fais du bruit. Je chante. Je danse. Je mange. Je bois. J’embrasse. Je caresse. Je savoure. Je déguste. Je profite. Je jouis. J’écris. J’aime. Je vis.

 

Lié à: le plateau de Beauregard.

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