Délivrer l’écriture de ses limites en rites inédits

7 octobre 2013

 

 

« Il y a bien plus de chances pour qu’une rime procure une «idée» (littéraire) que pour trouver la rime à partir de l’idée. » (Paul Valéry)

 


 

Écrire de manière littéraire en ayant du plaisir, impossible? Stimuler l’imagination sans forcément recourir à l’inspiration, impensable? Démystifier l’acte d’écrire en instaurant un rapport démocratique à l’écriture, une gageure? Certes pas! C’est l’invitation que Monique Le Pailleur et moi-même vous lançons : explorez de nouvelles stratégies inspirées des méthodes de travail des écrivains et entrouvrez de nouveaux horizons pour non seulement soutenir la créativité, mais aussi pour mobiliser autrement les ressources syntaxiques et lexicales en recourant à de multiples outils technologiques.

Nous proposons le 21 novembre 2013 dans le cadre du Congrès annuel de l’AQPF un atelier destiné à mettre en évidence l’apport des contraintes inspirées de l’OuLiPo pour libérer la créativité des élèves tout en cernant l’intérêt de l’écriture collaborative et interactive, les avantages du resserrement de l’axe de lecture-écriture, et la place incontournable de la nanolittérature dans le paysage pédagogique actuel. Twitter, Facebook et WordPress ainsi que d’autres ressources en ligne seront sollicités dans une perspective culturelle et de connectivité accrue. Jouer à plusieurs avec les matériaux langagiers peut amener ailleurs : au dépassement de soi, à l’amour de la langue et au sentiment de compétence scripturale.

Vous trouverez au bas de cette page deux liens vers des activités prévues pour des classes de tout niveau (primaire et secondaire) qui peuvent être réalisées sur des durées variables (moins d’une période à trois périodes de 75 minutes environ). Nous avons identifié des niveaux spécifiques et des démarches pédagogiques pour réaliser chacune d’entre elles mais vous êtes libres de les adapter à votre guise.

Si vous êtes intéressés à expérimenter avec vos élèves ces jeux de créations littéraires durant le mois d’octobre, faites-nous connaître votre intérêt en nous écrivant à l’adresse suivante avant le 4 novembre 2013 afin que nous puissions recueillir les productions de vos élèves :

nathcouz@gmail.com

Nous conviendrons par courriel de la procédure la plus simple pour nous faire parvenir les productions de vos élèves.

Merci de contribuer à nos réflexions en nous permettant d’avoir du matériel authentique à présenter aux participants de notre atelier au Congrès de l’AQPF 2013.

 

Nathalie et Monique

 

Eclectico

Activités

 

Lié à: la pointe de Tardevant.

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Vingt… plus une pensées poisseuses d’une perverse narcissique

3 mai 2013

 

Ce texte a été écrit pour participer au Grand Prix de poésie de Radio-Canada.

Je me rends compte à quelque trente minutes avant la clôture des inscriptions que je n’ai pas envoyé de texte alors que je voulais le faire. Il fallait faire parvenir un poème ou un recueil de poèmes en vers ou en prose dont la longueur totale était comprise entre 400 et 600 mots. À 23h 55, mon texte est écrit, il compte 400 mots pile. Je transmets par voie électronique le tout à 23h57. Je respire… À minuit deux, je prends le temps de lire les règlements et je m’aperçois que le texte sans le titre devait avoir un minimum de 400 mots! Mon titre originel en comptait six… Mon texte fut donc disqualifié pour non-respect des règlements… Cela m’a donné l’occasion de le retravailler et de le publier dans mon espace personnel 😉

 

Vingt… plus une pensées poisseuses

d’une perverse narcissique


1. Vénérer les vernissages pour la flagornerie du flatteur qui y traine ses révérences éculées, sa langue sale et ses caresses de carnassier.

2. Tramer des complots malhabiles dans les arrière-cuisines là où se cachent les mal-aimés qui offrent leur panse aux puissances caverneuses.

3. Aviver une démente mais risible rancune pour le prix de son âme et de celle des autres. Tant pis! Qu’ils crèvent tous en enfer! Satan rit déjà… Ah! Ah Ah!

4. Mépriser la joie de vivre parce que le destin nous fait un pied de nez avec la bouche en cul de poule et qu’il a pris le mors aux dents.

5. Crier à tue-tête des insanités au voisin qui plante ses poteaux bleus même en été, symbole de l’hiver qui ne finit jamais dans ce pays blanc et froid.

6. Déguiser les poteaux en épouvantails à moineaux pour en oublier la laideur.

7. Avaler tous les soirs une pilule magique pour dormir comme la belle au bois dormant dont le prince ne porte définitivement pas de chapeau.

8. Se battre pour la justice parce qu’après tout le sang de Gavroche n’aura pas coulé pour rien sur les barricades des boulevards parisiens.

9. Gaver des cochons gras, sans même avoir l’opportunité d’en faire des saucissons.

10. Se souvenir qu’il n’y a pas qu’Hamlet qui trouve que quelque chose est pourri dans le royaume du Danemark.

11. Écrire des lipogrammes pour se vider le coeur : vil rêve ni mièvre ni tiède, ni intense ni immense…  Le rêve… Est-il ici en cette ville? Menteries! Pipes insipides : vide, le rêve!

12. Crier, lever le fer, blesser le silence à coup d’épées dans l’air tandis que les moulins, ailes dans le vent, sans relâche, continuent de moudre le grain se fichant pas mal des illuminés, inspirés ou pas.

13. Avoir la tête enflée et se jeter des fleurs parce que son nom apparait en manchette du Monde.

14. Tweeter les url qui feront de soi une star.

15. Filer vers minuit dès que le fil du temps glisse vers le lit du fleuve et dessine sur l’écume impétueuse, ivre de désir, ses lèvres…

16. Se jeter du haut du cap : dangereux? Ardu? Suspect? Même pas! Superbe et exaltant! Ne pas le retrouver en bas, c’est surtout ça!

17. Marcher sur des oeufs et s’écraser sur le plancher.

18. Relire les 8414 tweets écrits depuis trois ans pour trouver l’inspiration.

19. Boire du vin, une coupe, une autre, puis ne plus compter parce qu’en être incapable.

20. S’aimer.

21. Persévérer et signer parce que tout est dit et que rien ne vaut de continuer.

 

 

Première version, le 1er mai 2013, Minuit moins 5

Deuxième version, le 3 mai 2013, 9h52

 

Lié à: le roc d'enfer.

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Une question d’amour

6 avril 2013
Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
(Raymond Queneau, « Pour un art poétique », III)

 

 

Dire des mots qu’on aime, en ribambelles, pour le plaisir… Comme un bonbon, laisser les consonnes fondre contre les dents, les voyelles glisser sur la langue, les diphtongues caresser le palais, les rrrr roucouler, les fff frissonner, les mmm se pâmer…

Se délecter des saveurs incomparables, des arômes qu’ils dégagent; se laisser habiter par l’émotion et accéder à nos sentiments les plus profonds… Les bons comme les mauvais… parce que, des fois, aussi les mots tempêtent, se gonflent, s’empêtrent, se déchainent! Coups de machettes à couteaux tirés. Coupent, coupent! Taillent, taillent! Cisaillent et font mal, les  ssss assassins, les iiiii stridents, les nnnnn comme des nons qui fracassent, les bbbb qui bégaient, et tombent, et chutent, et ne se relèvent pas. Blessure fatale.

Quand on me fait mal avec des mots, moi je me dis des mots que j’aime, en ribambelles, pour que le plaisir revienne… Que la morsure s’atténue et disparaisse… Comme un bonbon, je laisse les consonnes fondre contre mes dents, les voyelles glisser sur ma langue, les diphtongues caresser mon palais, les rrrr roucouler, les fff frissonner, les mmm se pâmer… Et la magie opère : les syllabes se lient, s’arabiscottent et s’étonnent : «Tiens comme vous êtes jolie, comme vous me semblez belle! Voudriez-vous m’accorder cette danse jusqu’à la prochaine virgule? Allez, un petit french avant l’exclamation», susurre un coquelicot en pamoison…

Pour me consoler des mots, je fais un poème.  Bref ou non, je plonge dans l’extrême, j’extirpe le vilain, je cherche des mots que j’aime. Des mots doux pour panser mes blessures. Des mots sucrés pour retrouver mon sourire. Des mots câlins comme une berceuse pour m’endormir : saugrenu, colimaçon, pâquerette, éclectique, illumination, hurluberlu, hasard, aphrodisiaque… Je les sors du dictionnaire pour qu’ils virevoltent dans une phrase toute pimpante et rutilante; une belle phrase, une phrase qui touche le coeur et l’âme, une phrase comme un grigri, une phrase qui guérit…

Et sous les ponts coule ma peine
Il m’en souvient, c’était hier
Demain déjà luit
Un oiseau chante
Ma joie est pleine

Lié à: le plateau de Beauregard.

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Seul le pouce sait…

18 janvier 2013

J’ai six ans. Je sais lire. Enfin! Enfin… les signes ne sont plus hermétiques : j’additionne les lettres. Mon doigt suit les signes sur la page.

J’ânonne :    U-N-E-O-L-I-V-E

Je bredouille :  V-E-R-T-E-R-O-U-L-E

Ro-ule?

«Roule, me murmure-t-on, o plus u, ça fait le son [ou], comme dans hibou, chou, pitou.»

Je saccade. J’hésite : S-U-R-L-A-T-A-B-L-E

Je lie les lettres, je les combine, je les amalgame, et, tout à coup, le sens!  Une olive verte roule sur la table! Quel bonheur. J’ai six ans. Je sais lire. Je comprends. Plus rien ne sera désormais pareil.

J’ai six ans. Je découvre ensuite le paradis sur terre : la bibliothèque. Des rayons où s’entassent les volumes : des gros, des petits, des colorés, des sobres, des illustrés, des sérieux et des rigolos. Il y en a tant! Mes yeux d’enfant s’écarquillent. Mon nez hume : il y a une odeur… Particulière… Celle du papier et de l’encre, celle du temps, on dirait, comme l’odeur des feuilles à l’automne, comme quelque chose de rassurant. J’aime ça. Depuis ce premier jour à la bibliothèque, je plonge mon nez dans les pages des livres quand j’en découvre un dans une librairie ou que j’en tire un des rayons des bibliothèques.

J’ai quarante ans depuis quelques jours. Mes amis m’ont offert une liseuse électronique : c’est une tablette mince, élégante, intuitive, réactive, grâce à laquelle ma bibliothèque devient portable, mobile. Elle m’accompagne partout, ne me quitte plus. J’ai dans ma main mon rêve et plus encore : des centaines de livres qui ne pèsent pas plus que deux cents grammes. Il suffit d’un clic, d’un effleurement de doigt sur l’écran digital et, en quelques secondes, sans même me déplacer, voilà accessibles Cervantes, Hugo, Shakespeare, jusqu’au dernier Goncourt.

Je peux prendre des notes, me connecter en Wi-Fi, sortir de l’oeuvre via un hyperlien, y revenir, fermer l’appareil et ne pas perdre ma page! Fini le temps des signets et des livres écornés!

Enfin, je peux plonger dans une autre épaisseur du livre : pas celle des feuilles qui s’empilent, mais celle des hyperliens qui lui donnent un autre volume et qui bonifient mon expérience de lectrice. Les histoires se chargent de sons et d’images; elles se déploient dans un espace plus vaste, celui de la réalité augmentée par ces extrapolations virtuelles : les livres sont libérés de la reliure. Épaisseur du livre aussi dans la possibilité que la machine offre de partager mon appréciation de l’oeuvre. En cela, la liseuse socialise ma lecture, elle l‘enrichit, elle m’offre de quitter mon intimité. À peine lus, mes passages préférés se retrouvent sur ma page Facebook prêts à être commentés, «aimés».

Voilà, j’ai quarante ans. Je sais lire depuis longtemps. Je sais aussi que plus rien ne sera désormais pareil.

 

 

 

Genèse du récit ou la petite histoire des coulisses du texte

Cet automne, alors que je cherchais un sujet pour participer à un défi d’écriture proposé par Zone d’écriture dans la série «Les écrivains et la science, petites découvertes et grandes révélations», j’assiste à une présentation de René Audet sur la littérature à l’heure du numérique, à la Bibliothèque Gabrielle-Roy dans le cadre des Rencontres du numérique. Dans les propos du conférencier, une phrase de François Bon, extraite dAprès le livre,  retient mon attention : «Ce qui nous manque n’est pas visuel : quand nous faisons face à une page d’un livre, nous ne voyons qu’elle. C’est la surface intérieure du pouce, qui sait l’épaisseur». C’est l’amalgame de ces sources qui a inspiré le titre et le récit.

 

Lié à: la pointe de Tardevant.

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Manipulation d’images et de sonorités

13 juin 2012

En ce bel après-midi de juin, j’ai eu la chance de suivre un atelier avec un ancien élève de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf, Aly Ndiaye alias Webster qui venait rencontrer les élèves de 5e secondaire de cette même école située à Limoilou (Québec).

Après quelques précisions sur son parcours personnel et sur des éléments-clés utilisés dans l’écriture des textes de ses chansons, suffisance des rimes et allitération notamment, Webster nous invite à nous laisser porter par le tempo d’une mélodie pour nous stimuler la muse durant 10 minutes consacrées à l’écriture spontanée d’un texte suivant une consigne précise qui nous permet de jouer avec la manipulation des images et des sonorités, chère à Webster dans la composition de ses chansons.

Webster fait piger au hasard dans le dictionnaire un mot. Il s’agit de «détournement». Ensuite, on trouve des mots qui riment avec ce dernier. Webster les inscrit sur le tableau et nous invite à composer un texte où ce mot figurera ainsi que d’autres rimant avec lui.

 

Voici donc le texte que j’ai écrit pour ce premier défi.

 

Sur la lame infinie de la vague

Vois le radeau de mon âme qui divague

Catastrophe humaine, voie de détournement

Vide, abîme, silence, rouleau blanc sans plus de déroulement

T’as beau lancer ta ligne

Y a pas un poisson qui s’enligne

Fatal, fatal, fatalité

T’es mort sans même avoir péché.


 

Le deuxième défi auquel Webster nous a conviés était de jouer avec les figures de style, les plus simples, la comparaison et la métaphore, en s’inspirant du thème de la nature.

Et ça a donné ça :

Croque-matin

Si la Terre était une orange

Les hommes seraient des pépins.

Petites pépites de couleur

Qui enchantent le décor

Comme des grains de café aux arômes variés

Le matin à mon petit déjeuner.

Je sens la palme de ton corps onduler

Sous la paume de ma main éveillée

Ta peau s’électrise…

Sensualité qui attise

Le désir

Je me tais.

Censuré!


 

Enfin, pour clore l’après-midi, il fallait parler d’un personnage célèbre fictif ou réel en ne prononçant jamais son nom, mais en le faisant deviner par le jeu des périphrases et des référents culturels.

Alors qui suis-je?

Je suis connu comme la peste

Personne me parle

Tout le monde me déteste

J’ai les dents longues et le poil hirsute

La voix rauque et une gueule de brute

Je suis grand

Je suis méchant

J’aime la chair tendre et rose

Des cochons

Du chaperon

De tous ceux qui osent

Entrer dans le bois

Sans fusil, sans chien , sans foi ni loi.


Lié à: le plateau de Beauregard.

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Bélitre, la licorne ailée

21 mai 2012

 

«Ce qui me tourmente ce n’est point cette misère, dans laquelle, après tout, on s’installe aussi bien que dans la paresse. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné.»

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes


Là-bas, le soleil luisait faiblement, avalant habilement les lendemains lumineux, éliminant lentement les coquelicots flamboyants. Bélitre, la licorne ailée, glanait les pétales éparpillés, blasons ridiculisés, banalisant l’idéal humilié. Elle voulait s’envoler malgré la pluie assaillant les fleurs, malgré l’averse folle balayant l’horizon.

Mélancolique, le légendaire animal larmoyant lorgna la lugubre vallée. Vallée délavée, dévaluée lamentablement… Elle loua la misérable foule, laquelle alléguait la liberté, leur ultime citadelle, leur valeur fondamentale : foule alimentée d’élixir annihilant la sollicitude. Foule florale enflammée, mobilisant les luttes individuelles éclatées parallèlement. Foule colorée applaudissant les défilés silencieux, implorant la libre parole. Lorsque les limites délimitent l’indicible, l’insoutenable, l’insupportable, lorsque le silence jaillit éloquent, alors le mal profilé libère les effluves translucides écarlates. Le bouillonnement refoulé s’emballe, la turbulence, les exhalaisons troublantes s’amplifient. La salamandre tourbillonne…libre!

Habituellement, les licornes plaisent, jolies porcelaines pastel alignées là, raisonnables, disciplinées, gentilles. Ailleurs, la littérature liquide longe les lignes, grappille les livres, coule silencieuse, délivrant les labiales. L’abeille lutine la fleur accueillante. Légère, habile, elle longe les allées exaltantes, ballerine laborieuse, vestale fidèle. L’âme légère, elle oscille continuellement : lundi vilipendant les libéraux, la veille les plébiscitant, le lendemain les glorifiant.

Hélas! La libellule libéra les libertines lucioles desquelles elle tolérait les ailées galipettes. Symbolisant la douleur lancinante, Bélitre exaltée, allumeuse, enlevante, survola lentement la foule délirante. Le long long lombric lui longeant le ciboulot délabré, la lionne lacéra, limogea, pulula telle la pustule labourant l’ensemble… Les labradors lâchés hurlèrent les litanies imbéciles oblitérant les licences particulières. Plusieurs illustres hurluberlus zélés hélèrent la diligence allégorique, litote liberticide liant l’engeance illuminée légalement. Les loups, allaités d’illicite levure léonine carillonnèrent l’hallali isolant les lucioles lucifériennes.

Bélitre, la docile écolière mélancolique, consulta l’oracle blasé. Elle lisait, éberluée, la loi spéciale légiférée selon laquelle la liberté semblait éliminée. Les louches mégalomanes appliquaient aveuglément leurs lubies loufoques. Lire : «L’oligarchie nouvelle pénalisera lourdement la loyauté, le leadership, la solidarité voulant éliminer les luttes inégales. Postulats liminaires : Silence obligatoire. Parole muselée. Lutteurs molestés. Idéal lapidé. Logistique impeccable, infaillible.»

Les boucliers altiers alimentaient la colère :«Allez, circulez! Inclinez la colonne! Déclinez appellation, qualité, domicile!»

Le peuple ligoté hurlait, larmoyait. Téléguidée, implacable, la sentinelle laissait le matériel militaire parler… Plus loin, le silence pulvérisait lamentablement la lâcheté labourée d’illusions.

«Licorne, belle licorne, enjolivant la lune laiteuse, circule librement, enlace allègrement le levant, lévite, enligne le littoral, localise les arc-en-ciel, cultive l’espoir ! Cajole les étoiles blessées. Console les coquelicots. Siffle délicatement la mélodie câline, laquelle calme les tumultes!»

Le lendemain, la licorne Bélitre héla Gétalié licorne mâle, libre, légendaire, ailé également. Ils élevèrent leurs silhouettes. Les tournesols délaissés redoublèrent d’allégeance. Les chenilles limicoles délièrent leur langue.

«Bélitre, Gétalié, libellez les liaisons libérables, linéarisez les lignes égalitaires.»

Bouleversé, le couple licornien s’enflamme, mobilisant illico la foule animalière, la floraison estivale, les élans d’absolu. Ils allument les lampadaires, habillent les boulevards, fleurissent les palais, reculent les limites, sollicitent le meilleur. Ils déplacent les cumulus, éclairent la lune, frôlent les étoiles… Finalement horripilent les Immortels Olympiens mythologiques!

Lanternes, lampions, lucioles illuminent le couple ailé. Ils batifolent, folâtrent, libèrent les larmes sublimes. Mille lapis-lazulis emplissent le lagon limbique.

Jalousant le couple chevaleresque, les Olympiens sollicitèrent violemment la pluie diluvienne. Leurs ailes mouillées lestèrent les licornes. Alors, lentement, les loyales licornes libèrent leurs sanglots longs. Le violon automnal lance les allitérations plaintives. Musicalité, lyrisme verlainiens … Les Olympiens larmoient, louent les belles licornes.

Las, les Olympiens laissent les licornes là. La liberté luit alors; les limbes lentement s’éloignent. La lame écarlate tel le déluge souffle les palissades. La pluie lave les hostilités. Le soleil luit. Réconciliation possible?

«La clepsydre laissera écouler la temporalité diluée, l’oubli écartèlera les lobes mémoriels », déclara Gétalié illuminé.»

«La liberté délie les langues,  lança Bélitre. Abolies, les fables, les balivernes ! Parlons, dialoguons ! La parole libère la colère, verbalise les douleurs, abolit les conflits.»

 

COLLABORATEURS (par ordre d’implication)

@nathcouz @Aurise @georgesgermain @GilbertOlivier @Ecot_du_Silence @WinCriCri @verodamours @Aunryz @CarineNaudin @slyberu @cduret @Alex_Acou @tweetsynat

Lié à: le col des contrebandiers.

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Bélitre : nouveau défi de Twittérature

20 mai 2012

La twittérature est l’espace de tous les possibles. Mon amie, Monique Le Pailleur (@Aurise) sur Twitter a déjà proposé plusieurs aventures oulipiennes qui ont connu un vif succès. De concert avec elle, en ce beau congé des Patriotes, je vous invite à revisiter une autre figure de style, l’allitération, comme contrainte d’écriture.

Vous connaissez sans doute le célèbre vers prononcé par Oreste dans Andromaque «Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?». L’harmonie créée par la répétition de la consonne S accroît la musicalité des effets sonores. J’imagine la portée musicale d’un texte qui s’appuierait sur la répétition d’une même consonne dans chacun des mots du texte. Il me semble qu’un récit construit avec cette contrainte donnerait lieu à des trouvailles fort intéressantes.

Êtes-vous prêts à le relever?

Si oui, vous êtes conviés dès maintenant à coconstruire un texte suivi, dont tous les mots comportent obligatoirement la consonne L, selon le principe d’une histoire en chaîne, en inscrivant simplement vos gazouillis les uns à la suite des autres, mais surtout en tenant compte des gazouillis précédents pour maintenir la cohérence textuelle du récit en coconstruction.

 

 

Vous pourrez suivre l’avancement du texte sur Twitter sous le mot-clic #avecdesL et je publierai le texte au fur et à mesure en tant réel ici même.

J’espère que vous trouverez plaisir à ce jeu littéraire. Il vous suffit de  produire un seul gazouillis pour être reconnu  comme l’un des collaborateurs lors de la publication de cet écrit collectif.

Alors, comme l’alouette, gazouillons librement!

 

Voici le début :

Bélitre

Là-bas, le soleil luisait faiblement, avalant habilement les lendemains lumineux, éliminant lentement les coquelicots flamboyants. Bélitre, la licorne ailée, glanait les pétales éparpillés, blasons ridiculisés, banalisant l’idéal humilié.

 

 

Lié à: le col des contrebandiers.

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Le songe du baobab

15 mai 2012

Avant-propos

ou

genèse de l’histoire avant de lire l’histoire

 

C’est l’hiver depuis longtemps. La neige est moche. Le printemps tarde à venir. Alors je pars. Le soleil, la chaleur, la farniente, Cuba. Si! Et puis, là, je rencontre David. David Garcia. Garcia comme dans Zorro! Je le taquine, je rigole. Je lui dis que, quand j’étais petite, j’étais amoureuse de Zorro. Il me trouve drôle. Il travaille comme animateur. Il écrit aussi. Il est un écrivain qui ne publie pas, car il doute… Je connais ça. Je me sens proche de lui. Alors, au terme d’une soirée passée à parler de littérature et d’écriture, je lui propose d’écrire avec moi une histoire. Je ne sais pas pourquoi je lui demande cela, c’est comme une nécessité. Il faut que j’écrive avec lui. Il me trouve dingue. «Loca, dit-il, et il rajoute : Mais tu quittes dans 3 jours! Et puis, on va raconter quoi?» Je réponds : «On s’en fout. On peut essayer, juste pour voir et puis, je reviendrai, et on continuera alors…» Il accepte. Comme je ne sais pas plus que lui ce qu’on pourrait écrire et par où commencer, je lui demande son mot préféré en espagnol. Moi, je lui dis : «Le mien, c’est coquelicot.» Il cherche, et finalement : «Ce n’est pas un mot espagnol. C’est le nom d’une ville, en Europe, Copenhague.» Et je conclus : «D’accord, ce sera le lieu. »Et voilà, ça a commencé comme ça!



 

«[…] et nul ne peut arriver à rien dans cette vie sans quelqu’un qui croit en lui.»

Paul Auster, Tombouctou

 

 

J’ai froid. Je ne sens plus mon corps. Tout autour de moi semble fuyant dans l’obscurité. Soudain, dans mon esprit, comme un radeau, un souvenir. Je m’y accroche. C’est un chant, son chant à elle. Elle, la seule depuis mon arrivée à Copenhague. Pourtant, là, à cet instant précis, ce n’est pas sa voix que j’entends. Ça ressemble à des cris. Des mots que je ne comprends pas. Toujours les mêmes. Ils sonnent comme le glas, froid, dur. . . Est-ce que je suis mort? Est-ce que c’est ça, la mort?

 

Un coup sur la poitrine. Mes poumons se tendent sous la pression. Un autre coup, plus sec, plus fort, accompagné des mots étranges. Encore un coup et ensuite un raz-de-marée, l’eau déferle, brûle ma gorge. Je crache. Je me redresse. Quatre hommes  sont penchés sur moi. Quatre inconnus, trois blancs et un frère de ma race, noir comme moi. Je le regarde fixement.  Je crache toujours. Son visage est tendu, inquiet. Enfin, je prends une grande inspiration et je ferme les yeux. Quand je les rouvre, c’est son sourire qui est là, simplement. Ses bras immenses gesticulent dans tous les sens. Il prononce des mots qui me sont familiers. Ses amis rient et je sens leurs haleines chargées de rhum lorsque deux d’entre eux m’aident à me relever. Les hommes me donnent de grandes claques dans le dos. Ils me font signe de les suivre en pointant du doigt un navire. J’avance avec difficulté, encore étourdi. Mes jambes sont engourdies. Des crampes ralentissent mes mouvements. Je trébuche sur les galets froids et manque tomber. Mes compagnons rient encore plus fort. Nous parvenons enfin sur le quai le long duquel des containers forment une muraille. Je ne l’avais jamais remarqué avant.

 

Nous nous faufilons entre ces sombres tranchées de métal d’où jaillissent à intervalles réguliers des filets de lumière. Les hommes qui m’ouvrent le chemin y apparaissent comme des fantômes aspirés aussitôt par l’obscurité. Ça ressemble à une descente aux enfers, pourtant chaque pas nous rapproche du monde des vivants. Ça pue : une odeur de poisson avarié mêlée aux vapeurs de pétrole, la même qu’à Amsterdam et qu’à Marseille. Tous les ports se ressemblent. Pourtant, aucun n’est pareil.

 

Lumière. Ombre. Lumière.

 

«Corazón, corazón.

Pon tu mano en mi mano, despierta mi alma, sacude mi cuerpo.

Corazón, corazón

 

 

 

Novembre. 6 mois depuis la dernière fois que j’ai vu le soleil, se lever sur le fleuve Niger. 6 mois depuis que j’ai décidé de saisir le rêve.  La première fois, c’était il y a si longtemps… J’ai pas fait attention. Mais quand le visage, celui d’une femme, les brumes d’un pays inconnu, baigné par des eaux froides et ces sons «co-ra-zón», revinrent, une fois, deux fois,  puis à chaque nuit,  jusqu’à devenir obsédants, je décidai de partir. Je me sauvai du village alors qu’il dormait, incapable de décrire la force qui me poussait à quitter. Personne n’aurait compris et moi-même, à cet instant, je ne comprenais pas tout…

 

 

Suite de l’histoire à mon prochain voyage à Cuba 🙂



Lié à: le plateau de Beauregard.

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Les nourritures numériques

25 mars 2012

«Comprendre, c’est se sentir capable de faire. »

André Gide, Les nourritures terrestres

Depuis quelques jours, un prof de lettres dans un lycée parisien fait la une des manchettes pour avoir publié sur son blogue un article relatant une expérience édifiante (sic!) qu’il a intitulée Comment j’ai pourri le web.

Indignée par la conception de ce que DOIT être l’école derrière les propos de celui qui a pourri le web et piégé ses élèves – quelle longue périphrase pour le désigner, j’invente donc un acronyme par souci d’efficacité… tiens : CQPW (Celui Qui a Pourri le Web) – je m’insurge contre la surexposition médiatique de ces enseignants, dépassés par les changements de paradigmes qu’imposent le web 2.0, le nouveau rapport au savoir et l’intégration des TIC dans l’apprentissage et l’enseignement (voir aussi cet article). Je suis renversée par la malhonnêteté intellectuelle de CQPW quand il note dans le forum de son blogue : «A ma décharge, l’expérience n’était pas scientifique, mais pédagogique et à l’intention des élèves. Je ne pensais pas que j’aurais à rendre des comptes publics un jour… » Selon moi, il n’y avait aucune intention pédagogique dans cette expérience, mais simplement l’expression d’une frustration bien loin de l’éducation aux TIC. D’autre part, s’il ne désirait pas rendre de comptes publics, il ne fallait pas s’exposer sur le web.

La démarche de ce prof à l’éthique douteuse, comme le souligne Delphine Regnard dans cet excellent billet, a ramené à ma mémoire le souvenir de ce que faisait un de mes profs de khâgne il y a plus de 20 ans pour nous obliger à traduire par NOUS-MÊMES la quantité phénoménale de textes latins destinés à nous préparer au concours de Normale Sup. Internet n’existait pas en ce temps. Pour éviter la triche, désireux de développer notre autonomie et notre pensée critique (resic!), ce prof retirait des bibliothèques du lycée et de celles de la ville, toutes les traductions qui auraient pu nous aider à traduire. Désolée, Monsieur CQPW, vous ne détenez pas l’apanage du machiavélisme! Et lui non plus n’avait pas compris ce en quoi consiste l’apprentissage… ni le rôle très différent qu’il aurait pu jouer si ses intentions avaient été autres que d’évaluer tout le temps nos performances… Mais faut croire que notre rôle à nous, les élèves, c’était de souffrir pour apprendre, pas d’en tirer un certain plaisir… Bref, revenons à nos moutons, ceux de Panurge, ce sont les meilleurs parce qu’ils sont devenus célèbres eux aussi et on se rappelle pourquoi hein? Pour avoir démontré qu’ils ne savaient pas penser par eux-mêmes! Je fais de l’ironie, moi? Non, à peine…

Comme je n’étais pas assez riche pour acheter les traductions, même dans les boutiques de livres usagés, et que des stations prolongées devant les tablettes des librairies pour recopier la traduction avaient l’air louche, j’avais mis à profit mes ressources personnelles pour sauver quelques heures de sommeil (me comprendront ceux et celles qui sont passés par les classes prépa de lettres. Les autres attendront la publication de ma biographie pour lire les savoureux récits de ces deux années de ma vie). J’avais dans mon réseau d’amis, un prof de lettres classiques d’une célèbre institution parisienne. Quand j’étais surchargée de préparations de colles, de traductions anglaises, de devoirs de philo, d’histoire et tutti quanti, qu’une journée de 24 h ne suffisait pas à la charge de travail imposée par tous nos profs, je lui demandais de traduire les passages de Sénèque, de Tite-Live et compagnie sur lesquels je butais. J’avais alors 18 ans, je faisais partie de ces jeunes triés sur le volet pour préparer le concours de Normale Sup, mais je ne me questionnais pas à cette époque sur la pertinence d’une tâche scolaire. Si on l’exigeait de moi, ça devait forcément me servir à quelque chose… (reresic!) En fin de compte, je donnais au système ce qu’il attendait de moi. Cependant, j’avais fini par comprendre une chose comme ces jeunes lycéens piégés : c’était qu’une tâche ne méritait pas que j’y accorde du temps si elle n’était pas authentique ni signifiante pour moi! Elle ne m’apprenait rien sinon à trouver un moyen pour survivre et pour fonctionner selon les exigences du système. Ce qu’ont prouvé ces jeunes en allant chercher des réponses toutes faites et en ayant aucune autre ressource pour les vérifier, c’est la vacuité de la tâche qui était exigée d’eux voire la non-pertinence de ce type d’évaluation pour démontrer leurs compétences en lecture. Sur 65 élèves, 51 sont tombés dans le panneau. Parfait! Alors qu’en déduire? 51 tricheurs? 51 paresseux? 51 idiots? ou 51 qui ont choisi de donner une réponse au prof, peu importe la réponse? Après tout, c’est ça qu’on attendait d’eux, une réponse, c’est à ça qu’on les avait formés : répondre. Pas penser, pas discriminer, pas créer, pas questionner…

Dans le PFEQ, on peut lire, page 4 du chapitre 5, et il n’est pas question de survie dans ce cas-là, mais bien de développement de compétences dans le cadre de véritables contextes d’apprentissage : «l’élève doit pouvoir bénéficier du soutien de l’enseignant, de ses pairs et d’autres personnes ressources (bibliothécaire, orthopédagogue, conseiller d’orientation, parents, etc.). Ces conditions sont essentielles pour qu’il parvienne à exercer ses compétences en français avec de plus en plus d’assurance et d’autonomie.» Comment ce facétieux CQPW a-t-il soutenu ses élèves dans l’apprentissage du choix des ressources et dans le développement de leur autonomie?

Je reviens à l’anecdote de mon prof de khâgne. Ne s’expliquant pas mes progrès soudains en traduction latine et surtout des passages qui posaient problème à l’ensemble de la classe, il a décidé un jour de ne pas me rendre ma copie. Dans mes souvenirs, le dialogue qui suivit ressemble à cela :

Moi : Monsieur, vous ne m’avez pas rendu ma copie. Je peux savoir pourquoi?

Lui : VOTRE COPIE! Vous osez me la réclamer?! Vous osez appeler VOTRE COPIE, ce plagiat éhonté! (Persiflant) Je ne sais pas comment vous avez fait pour trouver la traduction… J’avais fait sortir toutes les traductions des bibliothèques…

Moi : Vous vous trompez, Monsieur, j’ai pas recopié une traduction de bibliothèque, c’est juste quelqu’un qui traduit pour moi, un ami… pour m’aider, me sauver du temps parce que j’en ai pas assez pour tout faire, parce que sinon je sais pas quand je vais dormir, moi…

Il ne cessait de repéter : «Je sais pas comment vous avez fait pour… » et moi je répétais : «C’est pas moi qui traduis… » Il a donc mis un certain temps à entendre ce que je lui disais, et puis, tout à coup, il m’a entendue et là, ce fut terrible. Il a bégayé : «Quoi! Quoi! Et vous osez me dire ça! Comme ça!» L’air lui manquant, il est devenu écarlate. Puis pointant la porte du doigt, il a hurlé : «Je ne veux plus JAMAIS vous voir dans MON cours!»

Je l’ai écouté. Je n’y suis jamais retournée. Au concours d’Ulm-Sèvres, j’ai reçu un flamboyant 4/20 en traduction latine 😉

Ce matin, j’ai lu les commentaires postés sur le forum de CQPW et surtout les réponses que lui-même a adressées aux personnes qui ont pris la peine de réagir à son billet. Je suis très inquiète. Vraiment.

Je donne un exemple pour qu’on comprenne mieux mon inquiétude :«3/4 des élèves préfèrent ne pas penser par eux-mêmes et tricher : il faut s’y adapter. C’est entendu, je vais tricher et faire tricher mes élèves.» ou encore en parlant d’un travail d’interprétation dans le cadre du commentaire composé : «Vous faites le même contresens que beaucoup d’autres : la compréhension et l’interprétation d’un texte se fait sans document. […] Le commentaire composé ne relève pas de la science ou même de l’apprentissage. Vous semblez ignorer totalement en quoi consiste cet exercice.»

Alors c’est quoi le but du jeu dans tout ça? À quoi ça sert un commentaire composé si ça ne relève pas de l’apprentissage? Est-ce une situation authentique, signifiante pour l’élève? Qu’apprend-il à faire dans cet exercice? Ne devrait-on pas remettre en question ce genre d’exercices? Quand je dois comprendre un texte et l’interpréter, quel mal y a-t-il à recourir à toutes les ressources disponibles pour mieux comprendre et mieux interpréter? Est-ce par ce genre d’exercices qu’on devient un meilleur lecteur? Est-ce ainsi qu’on apprend à aimer lire et cela, pour la vie?

En guise de conclusion, je rappellerai simplement certaines pages du programme de français. Elles me semblent tout à fait appropriées dans le contexte actuel.

L’enseignant amène les élèves :

– à comparer, avec une certaine autonomie, leurs façons de faire dans différentes situations

– à comparer leur démarche avec celle d’autres élèves : façon de résoudre des difficultés, utilisation des repères culturels pour interpréter les textes, prise de notes, persévérance dans la lecture de certains documents, etc. (p.27, chapitre 5)

Dans les stratégies de compréhension et d’interprétation en lecture, l’élève apprend à :

Tirer profit de ressources externes

– en cherchant des renseignements spécifiques ou complémentaires dans des ouvrages de référence ou à l’aide d’outils diversifiés

– en tirant profit des différentes catégories de renseignements présentes dans un dictionnaire

– en sollicitant l’avis d’autres lecteurs ou de personnes-ressources (p.51, chapitre 5)

Enfin, dans l’annexe qui concerne les quatre dimensions de la lecture:

«De la lecture fusionnelle à la lecture distanciée, de l’affirmation de préférences à la structuration de connaissances, l’apprentissage et la réflexion qui lui est associée doivent favoriser le développement des élèves-lecteurs dans leur intégralité, c’est-à-dire leur permettre d’accéder aux textes par le chemin de la curiosité, de la sensibilité, du besoin de structurer leur identité comme par celui de la connaissance et de la culture.» (p. 128)

 

Morale de l’histoire

Chaque jour, bien qu’ayant été formée sans lui, je profite du numérique parce qu’il me permet de mettre à l’épreuve mon jugement critique, parce qu’il m’ouvre sur d’autres univers, parce qu’il me permet de confronter les points de vue, parce qu’il me rend plus cultivée, plus informée, (allez, j’ose le mot!) plus intelligente. Chaque jour, les nouvelles technologies et le web me nourrissent en m’offrant l’opportunité de créer des situations d’apprentissage qui motivent les élèves, qui les rendent actifs dans la construction de leur savoir, qui rejoignent leurs goûts et leurs intérêts, qui mettent à profit leurs talents, qui changent leur rapport à l’école en leur donnant envie de venir en classe et qui font d’eux des hommes et des femmes avides d’apprendre. Et ça, voyez-vous, Monsieur CQPW, c’est vraiment le bonheur!

 

 

Lié à: la pointe de Tardevant.

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De la musique avant toute chose…

27 janvier 2012

…ou quand la valeur n’attend pas le nombre des années

Ce soir, 26 janvier 2012, ils étaient cinquante. Cinquante jeunes, des hauts comme trois pommes, avec même pas deux chiffres à leur âge et des plus vieux, des graines d’ados, réunis dans quatre groupes pour se partager la scène, les instruments, les micros et surtout les bravos parce que Gad, Flexobob, Zone 51 et Les Metallic, ils les méritaient nos applaudissements ainsi que tous ceux, parents comme éducateurs, qui les ont soutenus, encouragés, tous ceux qui se sont dévoués pour qu’ils puissent vivre un lancement d’album digne de ce nom et qu’on salue leur travail, leur persévérance et leur talent.

Sérieux, joyeux, concentrés, enthousiastes, fébriles, pleins d’énergie et surtout fiers de tous les efforts accomplis pendant les quatre derniers mois pour apprendre à jouer de la guitare, du clavier, de la batterie, des percussions, à chanter en français, en anglais, ils ont enchaîné avec brio comme des pros des succès d’hier et d’aujourd’hui (Adèle, Katie Perry, Lio, Niagara entre autres et leurs propres compositions), pas gênés pour cinq cennes, interrompant Les cactus de Dutronc par une petite blague, chorégraphiant des pas de danse sur LMFAO… Bref, IMPRESSIONNANTS!

Moi, je swinguais sur leurs notes, et je me suis dit, en les écoutant, que j’avais la chance de faire le «pluss» beau métier du monde, celui qui donnait l’occasion d’aider des jeunes à s’épanouir, à trouver leur «voix», celui où on pouvait avoir l’audace de croire en ses rêves, de les réaliser et de constater qu’il n’y a pas que dans les contes de fées que les fins sont heureuses, que, des fois, dans la vie aussi, ça existe pour vrai, comme ce soir.

D’ailleurs, je suis prête à parier que Jean-Sébastien Boies, l’instigateur du projet Amplisson, qui a accompagné, avec d’autres professionnels, ces enfants de l’école institutionnelle de l’Arc-en-Ciel et de l’Aventure depuis l’hiver 2010, a su créer un réel engouement à voir les yeux des plus jeunes briller en regardant leurs aînés sur la scène et que la relève est assurée pour l’année prochaine. Longue vie à Amplisson et comme le propose Mario Asselin «pourquoi n’aurait-on pas un genre de « Cégep en spectacle » au primaire pour les apprentis-musiciens qui ont déjà, à dix ou onze ans, la gestuelle typique des vedettes du pop-rock !»

Je laisse le mot de la fin à un grand poète qui avait lui aussi le sens du rythme, Monsieur Paul Verlaine qui écrivait dans son Art poétique «De la musique encore et toujours ! […] Et tout le reste est littérature

Musique, maestro!

 

Lié à: le plateau de Beauregard.

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