{"id":2916,"date":"2022-07-14T19:32:58","date_gmt":"2022-07-15T00:32:58","guid":{"rendered":"http:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/?p=2916"},"modified":"2022-07-14T20:00:37","modified_gmt":"2022-07-15T01:00:37","slug":"non-retour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/?p=2916","title":{"rendered":"Non-retour"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-right\"><p><em>J&rsquo;ai essay\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir le droit d&rsquo;oser tout.<\/em><\/p><cite><em>Paul Gauguin<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-right\"><p><em>Il suffirait de presque rien, peut-\u00eatre 25 ann\u00e9es de moins, pour qu&rsquo;ils se disent \u00ab\u2009je t&rsquo;aime\u2009\u00bb.<\/em><\/p><cite><em>Adapt\u00e9 de Serge Reggiani<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:24px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>\u00c0 Jonathan W. K.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:34px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>45\u00b0 30&prime; 6.08&Prime; N 73\u00b0 34&prime; 2.122&Prime; W : Montr\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>37\u00b0 18&prime; N, 26\u00b0 44&prime; E : Lipsi.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la carte qui s\u2019affiche \u00e0 l\u2019\u00e9cran, tel un aiguilleur du ciel, mon esprit a trac\u00e9 entre ces deux points une ligne. La ligne survole un oc\u00e9an, un continent puis une autre mer. Elle est longue de 7843 km. \u00c0 bien y regarder, ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait une ligne, c\u2019est plut\u00f4t une corde que je m\u2019obstine \u00e0 tendre entre nous deux. Une corde que je tiens fermement, l\u2019agitant vigoureusement chaque jour pour que tu en ressentes les vibrations. Mais ces derni\u00e8res si vives \u00e0 l\u2019origine s\u2019att\u00e9nuent jusqu\u2019\u00e0 mourir \u00e0 leur arriv\u00e9e car la corde est molle dans ta main et les mots qu\u2019elles transportent ne sont plus que murmures inaudibles quand ils te parviennent. Tu ne les entends pas, pas plus d\u2019ailleurs que lorsque seulement un vol d\u2019oiseau nous s\u00e9pare \u00e0 Montr\u00e9al. Que je sois si loin ou tout pr\u00e8s, rien ne change et rien ne changera jamais. Ma raison le sait. Elle le sait tellement qu\u2019elle en devient folle. Mon c\u0153ur, lui, esp\u00e8re. Il esp\u00e8re encore, anim\u00e9 par la foi ardente qui inspirait jadis les moines soldats. Qui est le plus fou?<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis sortie sur le pont avant du catamaran. Rapidement, l\u2019\u00eele de Kos rapetisse pour n\u2019\u00eatre plus qu\u2019une masse informe puis un minuscule point auquel le sillage blanc de l\u2019\u00e9cume laiss\u00e9e par les moteurs bruyants du bateau ne nous reliera bient\u00f4t plus. Les embruns salent mon visage et laissent des cristaux sur ma peau. Je dois lutter et m\u2019agripper solidement \u00e0 la rambarde pour rester debout.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ABDDD459-9D54-4FDF-99EA-9E24DEEFF924_1_105_c.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2922\" srcset=\"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ABDDD459-9D54-4FDF-99EA-9E24DEEFF924_1_105_c.jpeg 768w, https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ABDDD459-9D54-4FDF-99EA-9E24DEEFF924_1_105_c-225x300.jpeg 225w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Au loin, par del\u00e0 l\u2019horizon bleut\u00e9 de la mer \u00c9g\u00e9e, c\u2019est la d\u00e9coupe escarp\u00e9e d\u2019\u00eeles sauvages et inhospitali\u00e8res qui s\u2019imprime dans ma r\u00e9tine. Naturellement alors, comme invit\u00e9 par l\u2019aridit\u00e9 du paysage, tu viens hanter mon esprit. D\u2019abord, ton visage, impassible et grave o\u00f9 pas un muscle ne bouge, tel une forteresse imprenable, \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de toute \u00e9motion, insensible aux baisers que mes l\u00e8vres, en qu\u00eate d\u2019un passage vers ton c\u0153ur, d\u00e9posent sur ta bouche, sur ton nez, sur tes joues comme de petits cailloux blancs. Puis ton regard s\u00e9rieux et sombre o\u00f9 seulement un l\u00e9ger clignement des paupi\u00e8res permet de te distinguer d\u2019une statue de marbre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ferme les yeux, pensant trouver une \u00e9chappatoire, priant pour que ton visage et tes yeux disparaissent, mais en vain. C\u2019est ton corps sculpt\u00e9 et ferme, fringant et superbe, qui vient m\u2019obs\u00e9der maintenant. Ma t\u00eate se charge d\u2019images \u00e9rotiques : tous ces souvenirs encore trop frais dans ma m\u00e9moire\u2026. le d\u00e9sir qui na\u00eet au creux de mes reins quand tu t\u2019approches de moi, le tremblement de mes cuisses qui sertissent tes hanches comme un joyau pr\u00e9cieux quand on fait l\u2019amour, la jouissance qui nous laisse sans voix, sans force, \u00e0 la d\u00e9rive \u00e0 c\u00f4t\u00e9 l\u2019un de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00celots apr\u00e8s \u00eelots, le paysage d\u00e9file devant mes yeux, monotone et terne tellement il se r\u00e9p\u00e8te dans la succession des blocs de granit beige, parsem\u00e9s de menus buissons et de broussailles indisciplin\u00e9es. C\u2019est seulement le contraste important de ces amas rocailleux avec les tonalit\u00e9s changeantes de la mer qui retient mon attention. Je prends quelques clich\u00e9s, souvenirs de cette premi\u00e8re travers\u00e9e dans les \u00eeles du Dod\u00e9can\u00e8se. Sur les photos, singuli\u00e8rement, l\u2019iris de mes yeux s\u2019est ajust\u00e9 avec les bleus de l\u2019onde, qui passent du turquoise au marine, pour se confondre avec eux. Mes oreilles s\u2019impr\u00e8gnent des sons ambiants : elles per\u00e7oivent le claquement des vagues sur la coque du bateau, le vrombissement des moteurs et les voix diffuses des passagers agglutin\u00e9s sur le pont arri\u00e8re. Pourtant, c\u2019est le silence qui s\u2019impose, ce silence que tu as toujours install\u00e9 entre nous, long, profond comme un ab\u00eeme qui engloutit tout, comme un linceul dont se parent mes mots pour un dernier voyage. Je ne m\u2019y ferai jamais\u2026 J\u2019ai besoin de vie, de mouvement, d\u2019action. Pas de cette attente interminable. Pas de cette inertie semblable au tr\u00e9pas. J\u2019ai besoin de r\u00e9ponses \u00e0 mes questions, j\u2019ai besoin d\u2019entendre ta voix. Des vers de Baudelaire<em> <\/em>surgissent de ma m\u00e9moire\u2026&nbsp; <em>Homme, toujours, tu ch\u00e9riras la mer. La mer est ton miroir. Tu contemples ton \u00e2me dans le d\u00e9roulement infini de sa lame et ton esprit n\u2019est pas un gouffre moins amer\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh5.googleusercontent.com\/mAjKJV6iOpKrXtJ1H95RGwFRHHYLAsxzs1D_cI5wRTTyb7gkiPd2gAQD6GcBqggS-7p-gyafyoDL5scKF2yRkOP6vtQ0Rp1_wR0sr1QXQtUnqKVR4g-mmN8_5cQZNvR8RsH4WwEN6q64o1eYq_g\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le bateau s&rsquo;est \u00e9loign\u00e9 des c\u00f4tes et la mer est noire maintenant. Mon esprit se laisse couler. Que vais-je trouver?<\/p>\n\n\n\n<p>Des larmes creusent des rigoles sur mes joues sal\u00e9es. Je suis incapable de les contenir. Au m\u00eame instant, la cicatrice sur mon sein gauche se r\u00e9veille; la br\u00fblure est intense. Je respire profond\u00e9ment tout en posant une main sur ma poitrine pour calmer la douleur. Peine perdue : la br\u00fblure est si vive qu\u2019elle me plie en deux et que j\u2019en suffoque. Que se passe-t-il? Compter, occuper mon esprit; j\u2019inspire. Compter, captiver mes pens\u00e9es : <em>un, deux, trois, quatre, cinq<\/em>. J\u2019expire. Recommencer : u<em>n, deux, trois, quatre, cinq.<\/em> Encore une fois. Mes yeux glissent sur les flancs de l\u2019\u00eele. <em>Un, deux, trois, quatre, \u2026<\/em> et tout \u00e0 coup, l\u00e0, tapie dans la paroi abrupte de Kalymnos, la gueule d\u2019un lion appara\u00eet. Son regard per\u00e7ant me fixe, implacable et dur. \u00c0 sa gauche, les m\u00e9andres de la v\u00e9g\u00e9tation ont dessin\u00e9 un c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres \u00eelots arides, tous br\u00fbl\u00e9s par le soleil, d\u00e9filent ensuite devant mes yeux. Rien ne peut survivre ici. Rien. Le miracle de la vie et de l\u2019amour ne peut \u00eatre que l\u2019affaire des Dieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bateau poursuit sa route vers L\u00e9ros. La distance maintenant d\u00e9forme le lion aper\u00e7u dans le flanc de la montagne. Cependant, cette vision a marqu\u00e9 mon esprit \u00e0 tel point que je scrute d\u00e9sormais chaque parcelle de terre pour y d\u00e9celer d\u2019autres signes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en quittant L\u00e9ros que je d\u00e9crypte le message du lion. \u00c0 la pointe de l\u2019\u00eele que le catamaran croise \u00e0 b\u00e2bord, c\u2019est un visage qui surgit des amas de pierre, un visage prisonnier du roc \u00e0 jamais. Je comprends alors que mon salut est l\u00e0, dans la mati\u00e8re \u00e9ternelle de chacune de ces \u00eeles : faire du gr\u00e8s solide et tenace ton tombeau, un labyrinthe dont aucune princesse ne t\u2019aidera \u00e0 sortir. Tu y seras prisonnier tant que mon c\u0153ur saignera, tant qu\u2019il sera \u00e9pris de toi, tant que ma m\u00e9moire sera capable de restituer parfaitement ton image. Il ne peut en \u00eatre autrement : tu dois mourir pour que je survive.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh4.googleusercontent.com\/INqvz5IPZhOb90fXklFWsqNPiDVt62CIE0KALcSyUzQQIWQS0ZmCj_shf9NQyy7_h1c0zxzelGCy0Uqea6M8IoLOVhR-HYy7d9OhHYDguSFhDnz6HNguG1_IF9CvwOFl6HNToWVE8LLuN6zR97c\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Mon regard se perd dans les remous laiss\u00e9s par le navire. La blancheur de l\u2019\u00e9cume me rappelle Montr\u00e9al, ses rues enneig\u00e9es.&nbsp; Je ferme les yeux\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est tard, c\u2019est encore l\u2019hiver pour quelques semaines. Dehors, un m\u00e9lange de gr\u00e9sil et de pluie rend les rues glissantes et la marche hasardeuse. M\u00e9tro Snowdon, le quai est presque d\u00e9sert. Tu entends la rame qui approche. Tu as h\u00e2te de rentrer chez toi apr\u00e8s cette nuit intense pass\u00e9e aux urgences du Jewish.<\/p>\n\n\n\n<p>La station s\u2019emplit tout \u00e0 coup de la pr\u00e9sence imposante des wagons sur les rails. Bruit sec des portes qui s\u2019ouvrent, comme un coup de pistolet. Et tout \u00e0 coup, nous, face \u00e0 face comme dans un duel \u00e0 Ok Corral. Nos regards qui se croisent, surpris de se trouver l\u00e0. Nos regards qui h\u00e9sitent, troubl\u00e9s, et puis qui s\u2019\u00e9lancent, s\u2019attachent irr\u00e9sistiblement jusqu\u2019\u00e0 se fondre l\u2019un dans l\u2019autre. Le temps n\u2019existe plus. Le monde non plus. Il n\u2019y a que nos yeux enlac\u00e9s comme dans un tango langoureux, captifs du myst\u00e8re qui les r\u00e9unit, pr\u00e9sents \u00e0 chacun, avides et impatients de se d\u00e9couvrir, cherchant un apaisement \u00e0 leurs douleurs et brisant enfin leurs solitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019espace qui nous s\u00e9pare encore, une toile invisible se tend entre nos regards, o\u00f9 des images s\u2019encha\u00eenent rapidement et nous emm\u00e8nent loin de la grisaille de cette nuit de mars : collines verdoyantes, jardins luxuriants, savane africaine se m\u00ealent sans aucun respect des conventions et composent un tableau color\u00e9, incongru et fauve.<\/p>\n\n\n\n<p>Mouvement mutuel de nos corps l\u2019un vers l\u2019autre : tu entres dans le wagon. Moi, j\u2019ai un pied vers la sortie. Je fais un pas. Nos corps se fr\u00f4lent. Deux pas. Je sens ton regard br\u00fbler ma nuque. Trois. Ralenti. Quatre. Je suis sur le quai. Cinq. Arr\u00eat sur image. Et puis, juste avant que les portes ne se referment, je me retourne. Ton regard est toujours l\u00e0\u2026 ma bou\u00e9e. Alors, je m\u2019\u00e9lance pour m\u2019y accrocher comme un naufrag\u00e9 dont c\u2019est la derni\u00e8re chance avant le tr\u00e9pas. J\u2019y mets tellement de vie dans cet \u00e9lan que je me trouve propuls\u00e9e dans le wagon sans pouvoir m\u2019arr\u00eater. Tes bras s\u2019ouvrent, ils m\u2019\u00e9vitent la chute. J\u2019ai 20 ans, toi 23. Alice et Jonathan ont toute la vie devant eux pour s\u2019aimer.<\/p>\n\n\n\n<p>La corne du navire entrant au port me ram\u00e8ne brutalement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Gr\u00e9sillement du disque sur la platine. Il d\u00e9raille, se met \u00e0 sauter. En fait, \u00e7a ne s\u2019est pas du tout pass\u00e9 comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ouvre les yeux : Lipsi est l\u00e0, devant moi, blanche et bleue, immacul\u00e9e, lumineuse, idyllique. Dans quelques minutes, le bateau accostera. Pendant qu\u2019il manoeuvre lentement vers le quai et que j\u2019attends dans l\u2019escalier qui m\u00e8ne au pont sup\u00e9rieur, je d\u00e9couvre sur une vieille carte les noms des \u00eeles de l\u2019archipel : <em>Kos, Leros, P\u00e2tmos, Kalymnos, Karpathos, Symi, Rhodes, Tilos, Nissyros, Kastelorizo, Astypal\u00e9e, Kassos, Chalki, Lipsi.<\/em> Je les prononce lentement, enthousiaste et inspir\u00e9e comme le ferait la pythie de Delphes avec les litanies d\u2019un rite antique. Quatorze \u00eeles comme autant de sarcophages \u00e9ternels o\u00f9 je scelle pour toujours une partie de ton corps.&nbsp;Lipsi, l\u2019\u00eele de Calypso, la derni\u00e8re de mon voyage, sera le tombeau de ton c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh6.googleusercontent.com\/MTHqSR8RuU0zoSDAPMSJUY9oEYlnWI7W2pw7Tk0XMNvpOh5KHvMpq6aMfYRP3LFkoMKC8xh-bcPluEisG4glfBFo57Po2UkU22XvM2hPJc8x3TweLTZWzP-Wu1cLMVS5EAYBEK3MppCMhaXnZi4\" style=\"width: 550px;\"><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:31px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" style=\"border-radius:12px\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed\/track\/3ATo60fpicfxwZ0daRatlU?utm_source=generator&amp;theme=0\" width=\"100%\" height=\"80\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"\" allow=\"autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je ferme les yeux, pensant trouver une \u00e9chappatoire, priant pour que ton visage et tes yeux disparaissent, mais en vain.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[62,40,66],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2916"}],"collection":[{"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2916"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2916\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2931,"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2916\/revisions\/2931"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2916"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2916"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/randonnee.effetdesurprise.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2916"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}